Sahara occidental : la tension monte entre le Front Polisario et le Maroc

Le Front Polisario, mouvement politique et armé du Sahara
Par Timothée Jean
Publié le 26 décembre 2017 à 18:59 | mis à jour le 26 décembre 2017 à 18:59

Abdullahi Lehbib qui fait office de ministre de la Défense au Front Polisario a déclaré, ce lundi, que si la communauté internationale n'intervenait pas pour mettre fin à l'occupation marocaine, l'Armée de Libération Populaire sahraouie (ALPS) serait contrainte de prendre les dispositions nécessaires pour arracher leur indépendance.

Le Front Polisario menace d'arracher son indépendance

Contrôlée en grande partie par le royaume chérifien, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est une ancienne colonie espagnole qui revendique la souveraineté du territoire du Sahara occidentale. Les indépendantistes sahraouis du Front Polisario sont, en effet, rentrés en guerre contre le Maroc au sujet du tracé de leur frontière commune (guerre des sables 1963, Ndlr) et avaient réussi à obtenir la reconnaissance de certains pays, mais qui finiront par revenir sur leur position quelques années plus tard.

Trente-sept ans après la proclamation de son indépendance, ce territoire n’a toujours pas trouvé un statut autonome. Il ne figure jusque-là pas sur la liste des territoires indépendants des Nations unies, suite à une demande du Maroc.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu de 1991, les autorités du RASD ne cessent donc d'oeuvrer de façon diplomatique pour obtenir la souveraineté de cet immense territoire quasi désertique, mais sans succès. Les patrons du Front Polisario ont ainsi profité des manœuvres militaires avec pour slogan « hisser le niveau de préparation au summum » pour exprimer leur colère et leur détermination à obtenir l'indépendance.

Ce lundi soir, le chef de l'armée du Front Polisario Abdullahi Lehbib n'est pas allé par quatre chemins, affirmant que « l’armée sahraouie est prête (…) à faire face à tout imprévu et à toute éventualité pour arracher le droit du peuple sahraoui à l’indépendance et à l’autodétermination (…) si la communauté internationale n’intervenait pas pour rendre justice à ce peuple qui vit depuis plus de 42 ans sous l’occupation marocaine ».


Les diplomates sahraouis aspirent « toujours à une voie pacifique » pour résoudre le conflit, mais « toutes les options restent ouvertes ». Le chef a précisé plus de "25 000 soldats sahraouis sont sur le qui-vive". Ces allégations montrent bien que la tension est montée d'un cran entre la RASD et le Maroc qui envisage d'intégrer l'UEMOA, dont certains pays avaient reconnu l'indépendance du territoire sahraoui.






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