Justice ivoirienne et Procès des Pro-Gbagbo, à quand la fin du cauchemar ?

Justice pour les pro-Gbagbo en Côte d'Ivoire
Par Gary SLM
Publié le 27 décembre 2017 à 18:04 | mis à jour le 27 décembre 2017 à 18:20

Année après année, ils sont traqués, jugés, condamnés avec des verdicts qui dépassent parfois l’entendement : 20 ans de prison, prison à vie, etc. Emprisonnés pour certains, en liberté conditionnelle pour d’autres, un moyen de pression permanent, le cauchemar des pro-Gbagbo continue dans une Côte d’Ivoire réconciliée sur le papier.

Il ne fait pas bon d'être pro-Gbagbo pour la justice ivoirienne

Ainsi se poursuit dans le désarroi total l'interminable et éternel ballet judiciaire que la justice ivoirienne a engagé depuis 2011 contre les barons du régime Gbagbo. Une véritable traversée du désert qui prend de plus en plus l'allure d'une descente aux enfers pour ces hommes et ces femmes.

En effet, si depuis la fin de la crise post-électorale de 2011, le principe de la justice a été lourdement avancé comme condition sine qua non pour tout processus véritable de réconciliation en Côte d'Ivoire, six ans après, il faut le dire, ce principe est loin d'avoir atteint son objectif.

La justice ivoirienne, comme le politique, a échoué à créer un climat propice à une réconciliation véritable et durable en Côte d'Ivoire. Les raisons de cet échec sont simples. La justice ivoirienne, par son impartialité flagrante concernant la gestion de la crise post-électorale de 2011, se transforme en instrument d'injustice, totalement au service de l’actuel régime.

Tant que les pro-Gbagbo seront les seuls à défiler devant les juges, la justice ivoirienne sera loin d'être une justice équitable et impartiale dans un pays où deux camps se sont affrontés. À côté de son impartialité se trouve son manque de fiabilité et de crédibilité.

La justice ivoirienne sert des procès invraisemblables construits sur la base de manques de preuves, avec des témoins aux témoignages fort douteux. Ce triste spectacle donne l’impression que la justice est plus soucieuse de plaire aux tenants du pouvoir en Côte d'Ivoire qu’à s'autodéterminer.

De Simone Gbagbo à Hubert Oulaye, quelle justice ?

Le procès de Mme Simone Gbagbo condamnée à 20 ans de prison pour "complot contre l'autorité de l'État" est le visage de cette justice complaisante. La condamnation à 20 ans de prison prononcée ces derniers jours contre Hubert Oulaye, professeur agrégé de droit public et de sciences politiques, ancien ministre de Gbagbo, accusé de « complicité d'assassinat » de sept Casques bleus lors d'attaques dans l'ouest de la Côte d'Ivoire en juin 2012 est tout aussi surréaliste.

Aucune preuve crédible n'est venue conforter l'accusation soutenue par les avocats de l'État de Côte d'Ivoire, et pourtant des condamnations hâtives, sans nuance, tombent les unes après les autres contre ces anciennes autorités du pays.

Si on voulait neutraliser les grosses têtes de l'opposition qu'on ne s'y prendrait pas différemment. Maintenir les tensions dans le pays pendant qu'on chante la réconciliation à l'extérieur est le double langage du régime Ouattara qui déçoit les ivoiriens, y compris chez les alliés PDCI et Forces Nouvelles ou cet acharnement injustifié contre les pro-Gbagbo a fini par décourager plus d'un.

Les anciens rebelles qui ont farouchement combattu Laurent Gbagbo demandent aujourd'hui liberté pour ses proches. C'est du moins la meilleure façon, selon eux, d'envisager une vraie réconciliation dans le pays. Du Côté du RDR, parti au pouvoir, les cœurs sont endurcis. S'aligner sur une telle position pacifiste suffit à devenir soi-même ennemi de la République.

Il faudra pourtant l'admettre, Laurent Gbagbo en son temps avait amnistié toutes les responsables politiques s’étant rendues coupables de graves crimes dès 2002.

P. Donald ZAGORE sma + Redaction.



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