Côte d’Ivoire- Burkina: Comment Gbagbo aurait roulé Compaoré

Laurent Gbagbo - Blaise Compaoré
Par Gary SLM
Publié le 28 décembre 2017 à 00:52 | mis à jour le 28 décembre 2017 à 00:58

Laurent Gbagbo aurait roulé Compaoré dans la Farine. C'est Bernard Doza, ancien conseiller de Blaise Compaoré, qui a fait cette revelation à la presse. L' ancien camarade des deux anciens présidents explique que l'ex-président ivoirien n'a pas respecté un contrat passé avec le Burkinabé.

Comment Gbagbo aurait roulé Compaoré

Bernard Doza qui vivait en France à la naissance du FPI a déclaré dans une vidéo de La dépêche d’Abidjan : « J’ai été conseil de Blaise Compaoré en 1988. » Selon cet opposant en exile, la connexion entre les présidents Gbagbo et Blaise Compaoré aurait été faite par son canal.

«Au lendemain de l’assassinat de Thomas Sankara le 15 octobre 1987, j’ai fait une émission à Paris sur Tropiques FM consacré au Burkina Faso. C’est à l’issue de cette émission que Guy Labertit, l’ami de Gbagbo, a pris cette cassette pour aller voir Blaise Compaoré au Burkina Faso. »

Toujours selon le conseiller en communication, c’est après écoute de cette cassette que Blaise Compaoré aurait demandé à le rencontrer, en demandant à Guy Labertit de le faire « venir au Burkina Faso ».

A l’issue de son entretien avec le président burkinabé, Bernard Doza dit avoir débuté sa mission de conseiller auprès de ce dernier. Cette mission était guidée par un autre intérêt, celui de trouver des ressources financières au Front Populaire Ivoirien.

« Au moment où Laurent Gbagbo était en exile ici (en France), nous avions un seul problème, le financement. On n’avait personne pour nous financer contre le grand Houphouët-Boigny. Guy Labertit (ancien M. Afrique de l’Élysée sous François Mitterand) a donc convaincu Blaise Compaoré de financer le FPI », confie Bernard Doza.

Gbagbo - Blaise Compaoré, un deal qui a mal tourné

Le camarade de l’ex-président ivoirien poursuit ses révélations en affirmant que Blaise Compaoré « donnait 20 millions de FCFA, parce que j’étais conseiller là bas, dès janvier 1989 au FPI de Laurent Gbagbo ». Selon cet homme, Blaise Compaoré aurait financé le FPI de 1989 jusqu’à l’accession des Refondateurs au pouvoir en 2000.

Comme dans toute négociation, l’ancien président burkinabé aurait réclamé d’accéder au port d’Abidjan depuis celui de San-Pedro, une contrepartie « que Gbagbo avait accepté ».

Blaise Compaoré qui avait peur du grand nombre de Burkinabés résidents en Côte d’Ivoire avait demandé de les naturaliser. Un accord que celui qui a été surnommé Le Boulanger aurait là aussi accepté.

Mais une foi au pouvoir, l’ex-homme fort du FPI n’aurait pas respecté ses engagements. « Quand Gbagbo a pris le pouvoir en 2000, Blaise Compaoré a envoyé quelqu’un à Abidjan » pour lui rappeler ses engagements. Les choses se seraient gâtées lorsque le président ivoirien d’alors aurait refusé de respecter ses engagements.

Le refus de Gbagbo de tenir ses engagements à la base de la crise

Gbagbo aurait répondu à l’émissaire de Compaoré « Oui, je reconnais que Blaise Comparoré m’a financé, mais ce n’est pas une raison pour vendre la Côte d’Ivoire » aux Burkinabés. C’est de là qu’aurait commencé à bruler le torchon entre les deux hommes.

Blaise Compaoré a ensuite hébergé les rebelles qui ont tenté de renverser Laurent Gbagbo et qui après l’échec de leur tentative de coup d’État se sont réorganisé en rébellion qui a occupé une partie du territoire ivoirien pratiquement jusqu'à la fin du régime Gbagbo.

Bernard Doza dit faire ces révélations pour permettre aux Ivoiriens qui condamnent "depuis leurs salons" d’avoir une meilleure lisibilité sur les faits. Pour confirmer ses dires, il ajoute qu’un journaliste français ayant interrogé Blaise Compaoré en sait tout autant.

C’est selon lui parce que Gbagbo n’a pas respecté le contrat initial que « Blaise Compaoré s’est mis du côté de Ouattara ».



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