CPI : Libéré, voici les conditions imposées à Laurent Gbagbo

Liberté conditionnelle pour Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 02 février 2019 à 09:36 | mis à jour le 02 février 2019 à 09:44

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont effectivement sortis de la prison de Scheveningen, ce vendredi 1er février, suite à la décision de la Chambre d'appel de la CPI. Mais cette libération des deux leaders politiques ivoiriens est assortie de plusieurs restrictions.

Les restrictions à la liberté de Laurent Gbagbo et Blé Goudé

Acquittés et leur libération immédiate ordonnée par les juges de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI), il aura fallu attendre deux semaines pour voir Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé franchir les portes de pénitencier de Scheveningen. L'ancien président ivoirien et son dernier ministre de la Jeunesse respirent certes l'air frais de la liberté, mais cette libération est conditionnelle, selon le verdict prononcé à l'unanimité, en ce début de mois de février, par les cinq juges de la Chambre d'Appel de la CPI.

Le juge-président Chile Eboe-Osujidont avait à cet effet déclaré : « La chambre d’appel a décidé à l’unanimité l’ajout d’un ensemble de conditions qui assortissent la mise en liberté ». S'alignant ainsi sur les nombreuses réserves émises par le Procureur dans son appel.

Selon les termes de cette liberté conditionnelle, MM. Gbagbo et Blé Goudé ont été tout d'abord remis aux autorités néerlandaises, vendredi, en attendant de leur trouver des pays d'accueil. Eu égard au risque de fuite mis en avant par les juges, les deux Ivoiriens ont l’obligation de résider dans un État membre de la CPI, en attendant un éventuel procès en appel.

Ils devront par ailleurs pointer une fois par semaine auprès des autorités de leurs pays de résidence. Ils ne pourront se déplacer qu’au sein de la municipalité des pays hôtes. Si déplacement à l’étranger il devait y avoir, ils doivent donc demander une autorisation préalable à la CPI. Ils sont également interdits d’interagir avec des témoins du procès ou de s’exprimer sur cette affaire auprès de la presse.

« Ces conditions sont imposées pour protéger l’intégrité du processus judiciaire », a indiqué la Cour, précisant qu’un « jugement écrit énonçant ces conditions sera rendu disponible plus tard dans la journée ».


Notons qu'en cas de violation de ces conditions, la Chambre d'appel de la CPI se réserve le droit de réviser ces conditions de libération, à sa propre initiative ou sur celle d’une des parties prenantes.

C'est donc en réalité comme s’ils étaient assignés en résidence.




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