CPI: Les avocats de Laurent Gbagbo passent à la vitesse supérieure

Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 08 octobre 2019 à 18:21 | mis à jour le 08 octobre 2019 à 18:21

Les avocats de Laurent Gbagbo plaident, à travers une requête deposée auprès des juges de la chambre d'appel, pour la levée de toutes les restrictions imposées à la libération de l'ancien président ivoirien, dans l'attente de la procédure d'appel le concernant.

Me Emmanuel Altit demande la levée des restrictions liées à la libération de Laurent Gbagbo

Les avocats de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, ont introduit, lundi 7 octobre 2019, auprès des juges de la chambre d'appel de la Cour pénale internationale une nouvelle requête visant à obtenir la reconsidération des conditions assorties à sa libération prononcée le 1er février 2019. À en croire Me Emmanuel Altit et son équipe, la décision des juges d'imposer des restrictions à la liberté de Laurent Gbagbo ne repose sur aucun fondement "juridique ou factuel".

De ce fait, il apparait juste pour les juges de la chambre d'appel d’«ordonner sa remise en liberté immédiate et sans condition» afin de permettre à l’ancien président ivoirien «d’aller où il le souhaite, par exemple dans son propre pays, ou dans un État qui ne poserait aucune condition à son séjour ».

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, faut-il le rappeler, ont été acquittés à la CPI le 15 janvier 2019 en première instance des lourdes charges de crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui pesaient contre eux. Assigné à Bruxelles depuis sa sortie de prison, il est peu probable pour le fondateur du Front populaire ivoirien, de pouvoir prendre part à la prochaine élection présidentielle prévue en octobre 2020.


"Le maintien du régime restrictif de liberté aurait dans ce contexte pour conséquence d’interdire à Laurent Gbagbo de jouer un rôle dans la vie publique et dans la réconciliation de son pays. Cela lui interdirait par exemple de participer d’une manière ou d’une autre à l’élection présidentielle à venir. Il pourrait en effet, à la demande de responsables politiques du pays, être amené à participer à la campagne ou même, par hypothèse, à poser sa propre candidature", poursuit l’avocat. Il est à noter que le bureau du procureur a notifié à la chambre d'appel, sa décision de faire appel de l'acquittement des deux Ivoiriens.