Famille tuée à Angré: Alain Toussaint dénonce du "terrorisme routier"

Alain Toussaint dénonce du
Par David Yala
Publié le 24 mai 2020 à 14:28 | mis à jour le 24 mai 2020 à 15:35

Le journaliste Alain Toussaint est très meurtri après la mort accidentelle, samedi, du Professeur Laurence Adonis-Koffy, de son époux Guillain Koffy et de leur fils âgé de 11 ans, renversés par un conducteur fou alors que les trois victimes étaient en train de de faire du sport matinal. Dans une publication sur les réseaux sociaux, Alain Toussaint demande une révision de la loi pénale concernant les cas d'accident de circulation afin de la rendre encore plus sévère à l’encontre des conducteurs fautifs. Ci-dessous, l'intégralité de ce coup de gueule.

"Le conducteur qui provoque un accident de la circulation mortel (...) doit être considéré comme un criminel" (Alain Toussaint)

Je n'ai pas pour habitude d'épancher ma colère envers les inconscients sur les réseaux sociaux mais cette fois j'y vais aussi de mon coup de gueule... Hier samedi, aux aurores, une mère, un père et leur enfant ont perdu la vie par la faute d'un chauffard qui faisait le mariole au volant d'une voiture "empruntée".

Il conduisait sous l'emprise de l'alcool, sans permis. Pas question ici d’être insultant ou de mettre tous les chauffeurs dans cette nébuleuse en expansion. Mais tout de même. De nombreuses personnes perdent la vie à cause de conducteurs immatures, qui jouent les cow-boys au volant de leur voiture.

C'est tous les jours que je vois, sur Facebook, les pompiers intervenir aux abords des routes sur lesquelles certains se croient tout permis et ne mesurent pas le danger qu’ils font courir aux autres. Cette prolifération d’infractions a atteint et même dépassé un niveau inquiétant.

Constituant ainsi une menace sérieuse pour la sécurité et la tranquillité dans notre société. En dépit des campagnes de prévention, il y aura toujours une frange d'individus qui considèreront que la vie des autres ne les concerne pas. Et ce ne sont pas les usagers de la route, les joggeurs, les piétons, les vendeurs ambulants qui diront le contraire.

Tous les jours, ils croisent des as du dépassement par la droite, des fans du SMS ou du maquillage au volant, des surdoués du non-respect des distances réglementaires, des génies du zigzag, des spécialistes de la "queue de poisson" et des champions de la violation de la limitation de vitesse.

Sans parler des adeptes inconditionnels des injures, du doigt d’honneur, etc. Pourquoi se priver... Bref, c’est un peu comme si, dans notre beau pays, chaque conducteur édictait son propre code de la route sur fond de manquements et d’intolérance.

Le seul hic : ces comportements irresponsables et dangereux ont des conséquences potentiellement dramatiques pour tous. Face à ces destins abruptement brisés par les terroristes du macadam, nous ne pouvons plus rester silencieux ni se confiner dans l'immobilisme.

L'Etat doit réagir avec fermeté en déployant son arsenal de mesures coercitives afin d'endiguer cette autre pandémie qui fait des milliers de victimes en Côte d'Ivoire. Pour elles, les pouvoirs publics doivent punir sévèrement les chauffards irresponsables qui roulent à tombeau ouvert, transformant ainsi leurs véhicules en machines à tuer.

Le conducteur qui provoque un accident de la circulation mortel à cause du non-respect du code de la route doit être considéré comme un criminel. L'impunité de ces infractions est insupportable. La corruption se conjugue mal avec la justice et la paix. Les blessés et les morts sur nos routes ne doivent plus compter pour du beurre.


Il convient alors d'apporter les réponses idoines aux auteurs de ces délits : en sus de la peine prévue, une confiscation du véhicule appartenant au chauffard coupable de conduite sans permis, de conduite sous l'emprise de l'alcool ou de drogues, d'excès de vitesse, de blessures et homicides involontaires, etc.

L'heure est venue de prendre des mesures draconiennes afin d’en finir avec le terrorisme routier qui frappe chaque jour des populations ivoiriennes. Sur la route, respectons-nous ! La vie est précieuse. Que le Professeur Laurence Adonis-Koffy, son époux Guillain Koffy et leur fils reposent en paix. Une pensée pour leurs familles et tous les cœurs en peine suite à cette tragédie.

Toussaint Alai