Kafolo: Le pilote blanc de Téné Birahima Ouattara ameute la toile

Par Gary SLM
Publié le 04 avril 2021 à 09:12 | mis à jour le 04 avril 2021 à 09:12

Le ministre de la Défense par intérim de la Côte d'Ivoire, Téné Birahima Ouattara, s’est rendu jeudi à Kafolo au Nord-ouest du pays, à bord d’un hélicoptère ivoirien piloté par un homme de race blanche.

Le pilote français de l'hélicoptère de Téné Birahima Ouattara crée suscite la polémique

Si cette visite aux militaires ivoiriens qui ont subi récemment une attaque meurtrière venant d'hommes armés, a été saluée par les populations, notamment celles de Kafolo, un regard critique a été porté sur l’hélicoptère présidentiel à bord duquel s’est déplacé le remplaçant de feu Hamed Bakayoko.

En effet, parmi les images publiées par les services de communication du ministre de la Défense, une d’entre elles a fait l’effet d’une bombe sur les réseaux sociaux. Sur ce cliché partagé des milliers de fois sur la toile, l’on pouvait voir M. Ouattara échanger avec les généraux Apalo et Doumbia. Derrière eux, on voit un pilote de race blanche, confortablement assis aux commandes de l'aéronef de la République de Côte d'Ivoire. Il suit avec grand intérêt la discussion.

Etonné de voir cet homme blanc là au lieu d’un soldat pilote ivoirien, un internaute s’est interrogé: “Je dis oh, cet Hélicoptère à usage présidentiel, on le loue dans la main des français aussi?”. Quel est le rôle de nos pilotes ivoiriens formés ici?, a-t-il poursuivi.

En Côte d’Ivoire, la question de la loyauté et de l’unité des forces de sécurité, est un sujet majeur. Dix ans après la fin de la guerre civile, les divisions politico-ethniques n’ont pas disparu et la réaction des troupes en cas de crise demeure l’une des grandes inconnues.

Plusieurs fois restructurées, les forces de sécurité ivoiriennes avaient été reprises en main par feu Hamed Bakayoko, ancien ministre de la Défense et Premier ministre, depuis 2017 jusqu’à sa mort le 10 mars 2021 en Allemagne.

En 2011, à la fin de la crise post-électorale, il y avait du côté des "rebelles", 74 000 combattants à démobiliser. Une nouvelle armée "unifiée" est mise en place regroupant, d’une part, les FRCI (Forces armées républicaines de Côte d’Ivoire) composées des "ex-rebelles" favorables à Alassane Ouattara. Et, d’autre part, les FDS (Forces de Défense et de Sécurité), constituées d’ex-loyalistes, soutiens de Laurent Gbagbo. L’objectif était alors de parvenir à un effectif de 22 000 soldats, dont 8 400 "ex-rebelles".

La volonté de mettre en place une armée multi-ethnique n’a pas vraiment connu de succès. En effet, le haut commandement a été monopolisé par les ex-officiers des anciennes Forces nouvelles (ex-rébellion), qui ont été promus au détriment d’officiers loyalistes des FDS, parfois mieux entraînés et plus compétents.

"Photocopie" exhorte les populations à soutenir l‘armée

Suite à l'attaque terroriste de la nuit du dimanche au lundi, le Général de Corps d'Armée Lassina Doumbia, Chef d'état-major des Armées, et Alexandre Apalo Touré, Commandant Supérieur de la Gendarmerie Nationale, se sont rendus le mercredi 31 mars 2021 à Kafolo, pour apporter leur soutien aux hommes déployés sur le terrain. Vingt-quatre heures plus tard, Téné Birahima Ouattara dit " Photocopie " les avait rejoints.

Le ministre de la Défense par intérim de la Côte d'Ivoire en a profité pour exhorter les populations locales à une étroite collaboration avec les forces de sécurité afin de lutter, de manière efficace, contre le terrorisme.

Le ministre a par ailleurs félicité les soldats ivoiriens qui, en dépit de l'attaque surprise, ont riposté de manière rapide et énergique face aux assaillants. "La lutte contre le terrorisme constitue un défi majeur qui appelle une réponse collective", a noté le ministre de la Défense par intérim.

La Côte d'Ivoire de plus en plus exposée à la menace terroriste - Téné Birahima Ouattara


Dans la nuit de dimanche à lundi, une attaque terroriste a été perpétrée contre le poste militaire de Kafolo au nord-est de la Côte d'Ivoire, une localité située dans la zone frontalière entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.

"Deux positions des Forces armées de Côte d’Ivoire ont subi des attaques armées", selon un communiqué du général Lassina Doumbia, chef d'état-major des armées ivoiriennes avec à leur tête, le ministre Téné Birahima Ouattara.

"La première attaque est survenue à Kafolo et est le fait d’une soixantaine de terroristes lourdement armés venant du Burkina-Faso", déclare l'armée qui donne "un bilan provisoire" de "deux soldats tués et quatre blessés côté ami" et de "trois terroristes tués, quatre interpellés et du matériel logistique saisi (armement, radio, munitions et motos)".

La deuxième attaque a eu lieu à Kolobougou, localité également frontalière du Burkina Faso, dans le département de Tehini, "où un poste de gendarmerie a été la cible d’individus non identifiés. Un gendarme ivoirien a été tué et un autre, blessé. Aucune victime découverte côté ennemi pour l’heure", selon le communiqué de l'armée.

Toujours à Kafolo, dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, une attaque similaire faisait 14 morts dans le rang de l’armée ivoirienne. La Côte d'Ivoire n’a toujours pas pansé les plaies de l’attentat djihadiste de la plage de Grand-Bassam, près d'Abidjan en mars 2016. Des assaillants avaient ouvert le feu sur la plage et des hôtels, faisant 19 morts.

Téné Birahima Ouattara - Téné Birahima Ouattara






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