G5 Sahel: Des soldats de l'armée tchadienne arrêtés pour viol au Niger

Par Gary SLM
Publié le 06 avril 2021 à 15:21 | mis à jour le 06 avril 2021 à 15:21

Au Niger, des soldats de l'armée tchadienne du G5 Sahel engagés dans la lutte contre les djihadistes, sont responsables de « viols » de plusieurs femmes à Tera, ville du Sud-ouest du pays.

Téra au Niger: Plusieurs ONG accusent l’Armée tchadienne de viol

La Commission nationale des droits humains au Niger a rendu public un rapport en ce sens vendredi 2 avril. Les autorités tchadiennes ont réagi, mais aussi des ONG et mouvements citoyens, tous condamnent les actes de viols et abus sexuels sur des femmes nigériennes imputés à des éléments du 8ème bataillon tchadien de la force conjointe du G5 Sahel basé à Téra au Niger.

« Il y a une jeune fille élève de 11 ans et deux femmes mariées âgées de 23 ans et 32 ans, dont une est enceinte, qui ont été violées. Il y a cinq autres femmes qui ont échappé au viol et il y a une troisième catégorie de femmes qui ont été violées mais qui n’ont pas voulu témoigner pour ne pas être stigmatisées [par leur communauté] », a déclaré à l’AFP Hamidou Talibi, rapporteur de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) qui a mené une enquête.

Nombre de ces organisations exigent que les auteurs de tels actes soient punis conformément aux lois en vigueur. « Ce sont des soldats du contingent tchadien qui sont les auteurs de ces viols », a-t-il ajouté, précisant ne pas avoir pu les identifier. « Les soldats violeurs vont dans les maisons et certaines victimes ont été violées à leur domicile en présence de leur mari qui ont été menacés avec des armes à feu », selon M. Talibi.

La réputation de l’armée tchadienne engagée

L'armée tchadienne a réagi par la voix de son porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa. Il indique que la hiérarchie militaire « a pris les mesures conservatoires pour suspendre les présumés coupables d'une part, et ouvrir immédiatement une enquête aux fins de situer les différentes responsabilités. L'état-major se désolidarise totalement de ce comportement indigne et présente sa compassion aux victimes ainsi qu'à leurs familles respectives. L'état-major assure que des sanctions énergiques seront prises lorsque l'identité et la culpabilité des présumés coupables seront établies à l'issue de l'enquête. »

Le ministère des Affaires étrangères appelle quant à lui, à ne pas tirer des conclusions hâtives sur la réputation de l’armée tchadienne. L’armée tchadienne est le principal argument du Président Idriss Déby pour exercer une influence politique dans la région et sur la scène africaine. Cette armée s’est illustrée lors de l’opération « Serval » dans la traque contre les djihadistes au nord du Mali en 2013, dans le cadre d’une solide et précieuse alliance tactique avec la France.

La force conjointe G5 Sahel dit avoir envoyé une mission dans la localité de Tera et avoir mis en place une commission d’enquête pour faire la lumière sur ces exactions et éviter qu’elles ne se reproduisent. Toutes les investigations seront menées afin que les coupables répondent de leurs actes, indique le communiqué qui insiste sur sa volonté de la force conjointe d’appliquer une politique de tolérance zéro en matière d’actes contraires aux droits de l’homme, y compris les violences sexuelles.


Lutte contre le terrorisme au Sahel: le rôle mitigé de l'armée tchadienne

Fin janvier 2021, l’ ONG International Crisis Group (ICG) a publié un rapport mettant en exergue les faiblesses de l’armée tchadienne, premier allié militaire de la France au Sahel. Mahamat Abali Salah, ministre délégué à la présidence du Tchad chargé de la Défense nationale, a d’ailleurs vivement protesté sur RFI le 26 janvier, estimant que les auteurs du rapport cherchaient « de façon insidieuse, sur la base d’éléments subjectifs, de discréditer l’armée tchadienne tout en mettant en exergue le caractère incontournable et le rôle déterminant qu’elle joue dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. »






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