Alassane Ouattara a signé, mardi, un décret portant nomination d’un nouveau gouvernement ivoirien. Mariatou Koné a succédé à Kandia Camara à la tête du ministère de l’Éducation nationale. Mais à peine installée à la tête de ce département ministériel, l’ancienne ministre de la Solidarité est déjà sous pression.

Mariatou Koné succède à Kandia Camara à l’Éducation nationale

Le Président ivoirien Alassane Ouattara a nommé Patrick Achi à la tête de la primature d’Abidjan. Et ce, à la suite du décès du Premier ministre Hamed Bakayoko. À peine nommé chef du gouvernement, le nouveau Premier ministre avait pour mission de former une équipe jeune. Un renouvellement générationnel comme le chef d’État l’a exigé.

Aussi, Kandia Kamissoko Camara a-t-elle quitté le ministère de l’Éducation nationale. Elle est désormais ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Diaspora. Laissant alors l’école ivoirienne entre les mains de Mariatou Koné.

Mariatou Koné est en effet ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation au sein du nouveau gouvernement de Côte d’Ivoire. À ce titre, elle a en main la redynamisation de l’école ivoirienne, dont les résultats sont véritablement en chute libre.

Mariatou Koné face à une menace de grève des fondateurs d’établissements

Alors que la passation de charges n’a pas encore été effective, que Mariatou Koné fait déjà face à une pression. La Conférence des présidents des associations de fondateurs d’établissements scolaires privés laïcs et confessionnels de Côte d’Ivoire (CPAFESP) dénonce en effet le non-paiement des frais d’écolage qui leur est dû.

« Nous sommes des responsables et travailleurs affamés, essoufflés. Nous ne pouvons plus rien faire », le premier responsable du syndicat lors d’une conférence presse tenue, mardi 6 avril 2021. Puis, Père Jean Luc N’Dreman ajoute : « L’État doit regarder nos problèmes. »

« À l’issue de la réunion du 31 mars, la CPAFESP demande le paiement immédiat et intégral des sommes souscrites sur les décisions financières avant le 13 avril 2021 ». Tel est l’ultimatum lancé par Gohidé Tiémoko, porte-parole des fondateurs d’école aux autorités ivoiriennes.

Avant d’annoncer la suspension des cours dans les établissements scolaires privés d’enseignement et de formation. Et ce, « à partir du 14 avril… jusqu’à la satisfaction totale de leurs préoccupations ».

La plateforme revendicative des fondateurs d’écoles

Le leader de la CPAFESP avait par ailleurs tenté de relativiser. « Il ne s’agit nullement d’une grève, mais plutôt d’un appel de détresse », a déclaré le syndicaliste.

Toutefois, lui et ses congénères réclament à l’État ivoirien « 65 milliards d’impayés de frais d’écolage pour l’année scolaire 2019-2020. 1,6 milliards au titre des passifs de l’année scolaire 2011-2012, validés après audits de KPMG. 51,4 milliards au titre des divers passifs constitués de 2001 à 2020. Soit un total de 65 milliards FCFA pris en compte sur le budget 2020. Et 53 milliards FCFA non convertis par un budget. »

Kandia Camara a-t-elle filé des patates chaudes à Mariatou Koné ?

La Côte d’Ivoire dispose désormais d’un nouveau gouvernement. Gouvernement composé en majorité par les membres du camp Ouattara, Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Avec son équipe, le nouveau Premier ministre ivoirien aura en charge la mise en oeuvre du programme de gouvernement. Celui d’aboutir à une « Côte d’Ivoire solidaire » au terme du quinquennat du locataire de la présidence ivoirienne.

Il est donc bien évident qu’en prenant l’Éducation nationale en main, Mariatou Koné hérite de patates chaudes. Celles laissées dans ce département par la nouvelle chef de la diplomatie ivoirienne.

La Côte d’Ivoire sur un nouveau départ ?

La situation politique qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire est relativement apaisée. Les nouveaux membres du gouvernement auront pour mission de conduire à la réalisation d’un autre miracle ivoirien.

De même, l’ancien président Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, sont acquittés devant la Cour pénale internationale (CPI). Ces deux acteurs de la scène politique ivoirienne entendent rentrer au pays pour participer activement à la réconciliation nationale. Le pouvoir ivoirien y est d’ailleurs favorable. Le locataire de la Présidence de la République propose d’ores et déjà ses services et accepte d’accueillir ses ressortissants.

Un Conseil des ministres s’est tenu, ce mercredi 7 avril, au palais présidentiel d’Abidjan Plateau. Le Chef d’État Alassane Ouattara a donné ses feuilles de route à ses ministres.