Vice-président du Front populaire ivoirien (FPI), chargé  de la région du Nimba, Gba Gonta Jean-Baptiste (GGJ), revient sur les résultats  obtenus  par l’opposition aux dernières élections législatives dans le Tonkpi.  Avec 9 sièges raflés sur les 11 disponibles , ce proche de l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’guessan juge largement positif le bilan de la coalition FPI, UDPCI, COJEP et Agir dans cette région de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Evoquant la crise au sein du FPI, Gba Gonta accuse l’ex-président Laurent Gbagbo d’être à l’origine de la division dans le parti.

 

Législatives 2021:  »Dans la pratique, le PDCI et EDS ont bonnement ignoré l’UDPCI, le COJEP, AGIR et le FPI »

Q : Voulez-vous vous présenter à nos fidèles lecteurs ?

GGJ : Je suis GBA Gonta Jean-Baptiste, natif de Gopoupleu (Canton Kalé à Danané). Je suis Administrateur principal des services financiers. Au plan politique, je suis Vice-président au Front Populaire Ivoirien (FPI) chargé de la région du NIMBA qui regroupe les départements de Danané et de Zouan-Hounien.

Q: Quel bilan dressez-vous des législatives dernières auxquelles vous avez activement pris part ?

GGJ : Avant toute chose, permettez-moi de remercier AFFI, BÉDIÉ et MABRI qui, après la désobéissance civile, ont souhaité que les partis politiques de l’opposition fassent un front national en vue d’obtenir le maximum de sièges à l’Assemblée nationale.

Dans la pratique, le PDCI et EDS ont bonnement ignoré l’UDPCI, le COJEP, AGIR et le FPI, prétextant que ces petits partis n’ont pas une bonne représentation nationale.  En conséquence, nous, << Affiistes >> avions décidé de nous unir au sein d’une alliance forte capable de faire tomber le RHDP dans le Tonkpi.

Des consignes claires et fermes ont été données par nos directions respectives. Et là où l’UDPCI dominait, par exemple, les autres ont retiré leur candidature et vice-versa. L’entente a permis au parti de MABRI Toikeusse de rafler 9 sièges sur 11. Sans oublier la victoire du candidat SEA André du FPI, à Man.  L’alliance a seulement perdu dans 2 circonscriptions : Man Commune et Mahapleu. Au regard de ces résultats, le bilan est largement positif.

Q : Est-ce à dire que le FPI est comptable de ces résultats ?

GGJ : En quelque sorte, oui. Vu que le Front Populaire Ivoirien y a contribué efficacement d’abord par le retrait de certaines de nos candidatures et notre soutien à l’UDPCI.

Q: Est-ce le bilan de ces législatives qui vous conforte dans l’idée de création d’une nouvelle région au sein du Tonkpi ?

GGJ : Non. On ne peut pas se baser sur des résultats d’une élection pour revendiquer une région. Le projet de création de la région du NIMBA existe depuis. Aujourd’hui, que les fils soient UDPCI, RHDP, PDCI ou FPI, cette nécessité s’impose à tous.

Les données de l’INS (Institut national des Statistiques) disent que le TONKPI fait 992.764 Habitants et le NIMBA que nous souhaitons, fait à lui seul 462.230 Habitants. Les données démographiques posent problème. Comment comprendre que le NIMBA qui regorge 2 départements, plus de 12 Sous-préfectures et 450 villages, ne puisse être région ?

Le Cavally fait 459.964 Habitants, la région du IFOU compte 311.642 Habitants, le Bafing fait 183.047 Habitants quand le Hambol fait 429.917 Habitants. Se basant sur ces données,   nous ne comprenons pas ce manque de volonté politique. Cette région que nous réclamons a une population qui dépasse largement toutes ces régions que nous venons de citer. Nous demandons la clémence du Président OUATTARA afin qu’il prête une attention particulière à ce dossier. Le faire aidera à booster le développement. Le faire serait un cadeau du Père.

N’oublions pas que cette région est à la lisière de 2 frontières : le Libéria et la Guinée. Une telle région frontalière a besoin de toutes les infrastructures, toutes les administrations, l’équipement nécessaire. Avec les bruits de bottes à certaines frontières du pays, cet espace aura besoin d’une région militaire.

Q: Le projet de création de ladite région est sur table depuis les gouvernements GON Coulibaly. Selon vous, qu’est-ce qui fait tergiverser le régime OUATTARA à proclamer officiellement le NIMBA  ?

GGJ : Je ne suis pas du gouvernement. Il lui revient de répondre à cette question. Pour notre part, nous ne faisons que du lobbying auprès du pouvoir qui s’est limité à la création de régions techniques. La région administrative piétine toujours. Pourtant notre CEI est régionale. Ça fait bizarre.

Q : Parlez-vous d’injustice ?

GGJ : Je ne parle pas d’injustice. Nous croyons que le pouvoir OUATTARA ne fait pas du dossier NIMBA sa priorité.

« A MAN, Sidiki KONATÉ et Albert FLINDÉ ont fait  du braquage électoral »

Q : Parlant du couronnement de votre lutte, serez-vous candidat à la présidence du Conseil régional de cette future région ?

GGJ : Oui. Nous comptons jouer notre partition dans la future région du NIMBA. Le moment venu, nous nous prononceront sur notre candidature.

Q : Revenons aux législatives dernières. Pouvez-vous nous dire ce qui n’a pas marché là où les candidats de l’alliance ont été battus ?

GGJ : La plateforme n’a pas fonctionné à Man Commune et à Mahapleu. A MAN, Sidiki KONATÉ et Albert FLINDÉ ont fait  du braquage électoral. On ne peut comprendre qu’au moment des résultats, on envoie des militaires prendre la place des gendarmes et policiers commis à la sécurisation du scrutin et au convoiement des urnes.

Sidiki KONATÉ étant lui-même un ancien rebelle, il n’a fait qu’intervenir ses suppots. Et des militaires ont donné les résultats de Man. Ce n’était pas la CEI. Le résultat de Man Commune a été un braquage. C’est ce qu’il faut retenir. À Mahapleu, le scrutin a été régulier. Là bas, il n’y a rien à dire.

Q : À Mahapleu, le vainqueur était de votre rang,  au FPI. Pourquoi n’a-t-il pas donné sa victoire à votre formation politique ?

GGJ : A Mahapleu, le camarade KEGBAN Kegban Bernard a gagné en indépendant. En allant au RHDP, qu’espère-t-il faire gagner à sa circonscription ? Rien ! À Danané, le candidat indépendant de l’époque s’est retrouvé au RHDP. Depuis, la mairie de Danané n’a toujours pas de benne de ramassage.

Les rues de Danané demeurent dégradées.  Danané n’a pas de centre de santé. Pas le moindre développement de base. C’est honteux ! Depuis qu’il y est, quels sont les moyens que le RHDP lui a donnés pour développer sa commune ? A quel niveau est-il de sa collaboration avec le parti au pouvoir ?

 »Aller au RHDP pour faire venir le développement, c’est de la forfaiture »

Aller au RHDP pour faire venir le développement c’est de la forfaiture. C’est même un abus de confiance, une arnaque. Je dénonce cela. Pour moi, le RHDP est un parti d’État. Et donc ils ont le devoir de développer toute la Côte d’Ivoire sans faire du chantage à quelqu’un.

DIETY Félix, MABRI Toikeusse, Blon Blaise, Dr Ouattara, TIA Gouet Blaise, DANIN Magloire sont des cas d’écoles. Ils sont allés au RHDP pour faire fortune et non nous apporter le développement, ce bien-être commun.

Q : Comment expliquer la défection de certaines personnalités du FPI qui, rompant les rangs de la plateforme de l’opposition, se sont retrouvés aux côtés d’autres candidats ?

GGJ : Ce sont des questions internes que nous allons régler.

 

Q : Votre parti, le FPI, tente à disparaitre dans le TONKPI. Quel est votre plan secret pour faire renaître le FPI dans toute sa composante ?

GGJ : Le plan secret dépendra de Laurent Gbagbo. Parce que c’est GBAGBO, lui-même, qui est à l’origine de la division. Si lui, qui est le chef de famille, ne veut pas de la division, il n’y aura pas de division.

 »Avec Gbagbo,  nous voulons l’unité mais pas à n’importe quel prix »

Si ses rapports avec le président AFFI N’Guessan restent conflictuels, l’unité ne sera jamais possible. Le FPI avec AFFI N’Guessan existera toujours. Nous voulons l’unité mais pas à n’importe quel prix. Quand madame Simone GBAGBO dit sur les antennes de France 24 que le président du FPI arrive parlant de GBAGBO, c’est un vrai déni des textes. AFFI N’Guessan est le président que GBAGBO a laissé à la tête du FPI.  Seul un congrès unitaire peut dire le contraire.

A Bruxelles, AFFI et GBAGBO ont ensemble décidé de la tenue dudit congrès devant réunir toutes les tendances. Toutes les décisions doivent en principe venir de l’instance suprême et non d’un individu fût-il un membre fondateur. 

Il faut suivre les textes fondateurs. C’est ce qui guide le parti. Sortir des textes, on est ailleurs, on est dans les émotions. Une telle sortie ne peut jamais consolider un parti politique. Le nier voudrait dire que le parti créé par Laurent Gbagbo n’est pas démocratique. Dire que comme j’ai créé, alors je dirige, est s’inscrire dans la monarchie. Nous disons non !

 »Nous précisons qu’il n’est pas le président du Front Populaire Ivoirien »

Q: Est-ce à dire que vous ne voulez pas du retour du président GBAGBO ?

GGJ : Pas du tout ! Nous voulons tous de  son retour au pays. Nous précisons qu’il n’est pas le président du Front Populaire Ivoirien. S’il doit l’être, c’est à l’issue d’un congrès unitaire. C’est d’ailleurs pour faciliter son retour que le président AFFI N’Guessan s’est rendu au Niger.  Ne faisons pas d’amalgame là-dessus.

Q: Êtes vous d’avis que le retour du président GBAGBO aidera à la réconciliation des Ivoiriens ?

GGJ : Au-delà des débats politiques, ce serait trop prétentieux que de croire que GBAGBO à lui seul pourra réconcilier les ivoiriens. Je pense plutôt que l’action collégiale de BÉDIÉ, GBAGBO et OUATTARA ramènera définitivement la paix. Ne nous mentons pas ! C’est eux qui nous ont mis dans cette merde. À eux de nous en sortir. Le président OUATTARA a un grand rôle à jouer à commencer par libérer les prisonniers politiques et activer le retour du président GBAGBO.

Q : Monsieur le Vice-président, nous voilà au terme de cet entretien. Que doit retenir l’opinion de GBA Gonta Jean-Baptiste ?

GGJ : Merci cher Journaliste. De moi, l’opinion doit retenir la Paix et la Réconciliation des ivoiriens. Cela passe par le retour des exilés avec en tête le président GBAGBO. Deuxièmement, nous sommes heureux de la victoire de nos alliés de l’UDPCI. Concernant la future région du NIMBA, nous disons qu’il faut une nouvelle génération de gestionnaires à sa tête.

 »Le peuple DAN a besoin de bâtisseurs et non des démagogues »

Je le dis parce que le Conseil régional du Tonkpi fonctionne sans aucun programme. On pioche par-ci, on  pioche  par-là. C’est de l’amateurisme. Nous voulons être cette nouvelle génération qui va innover en faisant du développement de base notre priorité, en finançant des PME, en favorisant à travers des activités saines l’épanouissement de la jeunesse. Localement, un appui financier sera alloué à la presse. Les hommes de presse pourront ainsi vivre de leur art.

Notre ambition pour le NIMBA est noble. Nous ne voulons plus des discours démagogiques qui emmènent certains de nos frères aux affaires. Nous souhaitons nous démarquer de ces pratiques déshonorantes. Le peuple DAN a besoin de bâtisseurs et non des démagogues affairistes. Encore merci pour l’opportunité que vous m’accordez à m’exprimer amplement.

Merci. Et à bientôt !

Une correspondance particulière de Sony Wagonda.