Alors qu’Alassane Ouattara annonce la prise en charge du retour de Gbagbo et Blé Goudé, un son discordant résonne. Celui du collectif des victimes, qui ne veut nullement entendre raison. Issiaka Diaby, président du CVCI, annonce à cet effet une « désobéissance civile » pour protester contre ce retour des deux Ivoiriens.

Retour de Gbagbo, fin d’un marathon judiciaire à la CPI

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont définitivement libres. Accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’ex-président ivoirien et l’ancien chef des jeunes patriotes étaient à La Haye. Jugés par la Cour pénale internationale (CPI).

Mais après un long procès, la Chambre de première instance a prononcé leur acquittement et leur mise en liberté immédiate. Décision qui a cependant buté sur un appel de la procureur Fatou Bensouda. La Chambre d’appel n’ayant accordé par la suite qu’une remise en liberté sous conditions. L’ancien président ivoirien et l’ancien ministre de la Jeunesse devraient alors attendent encore.

31 mars 2021, sonne la date de leur délivrance. Car la chambre d’appel a débouté la procureure gambienne, et confirmé l’acquittement prononcé en première instance. Le Président ivoirien, Alassane Ouattara, avait depuis indiqué qu’il ne serait favorable au retour de ces deux compatriotes qu’une fois leur procès définitivement terminé.

Après le procès, place au retour à Abidjan

C’est désormais chose faite, car le juge-président Chile Eboe-Esuji et ses collègues ont acquitté définitivement les deux prévenus. Ainsi se referme l’affaire Gbagbo et Blé Goudé à la CPI. Le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) et le leader des jeunes patriotes entendent rentrer en Côte d’Ivoire. Ils ne cessent d’ailleurs d’exprimer à cor et à cri cette volonté.

En dépit de toutes les tractations, Gbagbo Laurent a finalement reçu deux passeports. Un ordinaire et l’autre diplomatique. Quant à l’ancien chef de la galaxie patriotique, il a introduit son dossier pour l’obtention de son document. Le vent semble d’ailleurs souffler en leur faveur. Et ce d’autant plus que le chef d’État ivoirien, président du RHDP, est favorable à leur retour.

En conseil des ministres, mercredi, le Président de la République s’est voulu formel. « Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé peuvent rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent », a déclaré le Président Alassane Ouattara. Poursuivant sur sa lancée, le locataire de la Présidence de la république se propose de payer les frais de transport de l’ancien chef d’État, ainsi que ceux de sa famille.

Retour de Gbagbo, la fronde d’Issiaka Diaby (collectif des victimes)

Le Collectif des victimes des crises en Côte d’Ivoire ( CVCI) n’est cependant pas d’accord avec cet acquittement. Encore moins pour le retour de Gbagbo et Blé Goudé dans la capitale économique ivoirienne. Se sentant floué par la décision prise à La Haye, Issiaka Diaby avait annoncé d’autres actions devant la justice ivoirienne.

Le porte-voix des victimes avait en effet annoncé les couleurs, en janvier dernier, face à la presse ivoirienne. « M. Gbagbo a le droit le rentrer en Côte d’Ivoire, mais nous aussi avons le droit à la justice », avait-il déclaré. Aussi, la décision du chef d’État ivoirien d’autoriser le retour en Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sonne-t-elle pour lui comme une trahison.

Le président du collectif est alors revenu à la charge, pour mettre le pouvoir ivoirien en garde. « Si Ouattara accepte que Gbagbo et Blé Goudé rentrent, nous les victimes, allons lancer une désobéissance civile », a-t-il menacé.