Au Soudan, les affrontements entre tribus font rage depuis samedi dernier au Darfour-Occidental. Au moins 200 personnes ont été tuées en deux semaines après la fin de la mission de paix conjointe de l’ONU et de l’Union africaine, la Minuad.

Affrontements entre tribus: Plus de 200 personnes tuées en deux semaines

Darfour

Le bilan des tueries ne cesse de grimper au Darfour. Au moins 90 personnes auraient été tuées ces derniers jours dans des affrontements tribaux autour d’El-Geneina, capitale du Darfour-Occidental. Le Comité local des médecins, a décompté « 37 morts et 59 blessés (supplémentaires), soit un total de 87 morts et 191 blessés », selon un communiqué de la branche locale dudit comité fondé en 2016.

Lundi soir, les autorités ont instauré l’état d’urgence et déployé l’armée dans le Darfour-Occidental.  Selon l’ONU, les « opérations humanitaires et les vols ont été suspendus » à Al-Geneina, plaque tournante de l’aide dans la région, affectant « plus de 700 000 personnes ».

2,5 millions de déplacés dans la région du Darfour 

Le Comité central des médecins soudanais a ajouté que des hommes armés avaient ouvert le feu sur une ambulance, blessant trois travailleurs médicaux. Adam Regal, porte-parole d’une organisation locale aidant les réfugiés au Darfour, affirme qu’un tir de mortier aurait frappé un camp de déplacés situés à El-Geneina, provoquant un départ de feu qui a brûlé plusieurs habitations.

Des témoins oculaires de ces affrontements entre tribus  ont indiqué que des affrontements continuaient. « Nous sommes restés chez nous mais nous entendons des coups de feu proches et une grenade a atterri dans la maison de notre voisin », a raconté par téléphone Adam Issa, habitant du sud-ouest d’El-Geneina. 

Quelques 300 000 morts sont enregistrés dans le conflit au Darfour et plus de 2,5 millions de déplacés, essentiellement durant les premières années du conflit, selon l’ONU. Le gouvernement de transition a signé en octobre 2020 un accord de paix avec plusieurs groupes rebelles, notamment du Darfour. Mais certains groupes insurgés de la région ne l’ont pas signé.