Au Tchad, d’anciens agents de renseignement, issus de l’Agence nationale de la sécurité (ANS), menacent le pouvoir de N’Djamena dirigé par le maréchal Idriss Déby Itno, après leur radiation.

Tchad : 1225 agents de renseignements radiés

TCHAD

Selon l’Agence de presse panafricaine, les flics de l’ANS du Tchad, radiés entre 2017 et 2019, menacent de se joindre aux manifestants anti-sixième mandat de Déby Itno les 10 et 11 avril 2021, si leurs droits sociaux ne sont pas payés. 

A en croire le communiqué qu’il ont produit à cet effet, les 1225 radiés de l’ANS regrettent que depuis leur radiation, la direction générale de l’ANS n’ait pas engagé de pourparlers avec eux pour le paiement de leurs droits sociaux. Pire, “ force est de constater que le directeur général procède au recrutement de nouveaux agents inexpérimentés”, soutient Oumar Ousman Ali, rapporteur adjoint du Comité de réflexion. 

ANS: Au total 2197 agents radiés 

Le 1er mars 2019, le  porte-parole d’un groupe d’ex-agents de l’Agence nationale de la sécurité, Bokhit Adam Saleh, a saisi le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena (Tchad) d’une plainte contre le directeur général de l’ANS. En cause, la radiation de 2197 agents sans droits sociaux, « pour des raisons que nous ignorons », précise Bokhit Adam Saleh. D’après lui, cette opération s’étale sur trois ans, notamment 2017-2018-2019.

Le groupe qui qualifie son renvoi d’abusif, demande à la justice de le rétablir dans ses droits, conformément aux lois en vigueur. « Malheureusement, nous avons été renvoyés verbalement, jusqu’à nos jours cela n’a été accompagné d’aucune note relative au renvoi tant collectif qu’individuel », explique-t-il dans une plainte consultée par Alwihda Info.

« La plupart d’entre nous avons été recrutés à l’époque du Centre de recherche et de coordination des renseignements (CRCR, ex-ANS, ndlr) vers les années 90. Certains d’entre nous étaient encadrés par les experts américains, français, italiens, soudanais et égyptiens. Cela constitue une perte pour l’Etat sachant qu’il a investit colossalement sur nous et que nous ne sommes pas utilisés au prorata de l’investissement échu », poursuit-il.

Fin été 2019, ce sont en tout 17 mille fonctionnaires qui étaient pointés du doigt au départ au terme d’un audit qui a relevé des cas de faux diplômes de fonctionnaires fictifs. Parmi eux,  plus de 3000 fonctionnaires tchadiens soupçonnés de détenir de faux diplômes, devraient être privés de leurs salaires du mois d’août s’ils ne régularisent pas leur situation.

Le président tchadien Idriss Déby brigue un sixième mandat le 11 avril prochain. Ancien élève de l’école coranique de Tiné et de l’école française de Fada, Idriss Déby  gère le pays d’une main de fer depuis plusieurs décennies. Son principal soutien, l’armée et les renseignements généraux. L’armée du Tchad joue un rôle central dans le dispositif international de lutte contre le terrorisme au Sahel, mais elle est en même temps une source d’instabilité potentielle pour ce pays.

Acteur important de la lutte contre le terrorisme au Sahel, l’armée tchadienne est aussi une source d’instabilité potentielle pour le pays. Les autorités tchadiennes, appuyées par leurs partenaires internationaux, ont pris une stature nouvelle sur la scène africaine au cours de la décennie écoulée. I