Massacre de Duekoué : Amadé Ouérémi dévoile ses autres complices

Par Dreyfus polichinelle
Publié le 09 April 2021 à 13:39 | mis à jour le 09 April 2021 à 13:39

Amadé Ouérémi n'entend visiblement pas couler seul dans l'affaire du massacre de Duekoué. L’ex-seigneur de guerre, au cours de son procès, n'a pas manqué de citer ses complices, dont des barons du pouvoir.

Amadé Ouérémi, ses révélations à couper le souffle

À mesure que son procès suit son cours, Amadé Ouérémi fait des révélations à couper le souffle. Révélations que l'on pourrait qualifier, sans coup férir, de secrets d'État. D'autant plus que dans l'affaire du massacre perpétré dans l'Ouest ivoirien lors de la crise ivoirienne, de nombreuses zones d'ombre avaient jusque-là persisté.

Lors de la crise postélectorale de 2010-2011, une guerre sans précédent avait éclaté dans l'ouest. Entre le 28 et le 29 mars, le quartier de Duékoué Carrefour avait vécu deux jours d'horreur. Deux jours au cours desquels plus de 800 personnes issues de l'ethnie Gueré, autochtones, avaient été massacrés. Le principal mis en cause dans cette tuerie massive étant Amadé Ouérémi.

Dès l'ouverture de son procès, le 24 mars, le chef de guerre n'a pas manqué d'indexer le Commandant Losseni Fofana, Com'zone de Man. « J'étais à Bagouo le 27 mars 2011. C'est le Commandant Fofana Losseni dit Loss qui a donné l'ordre de chasser les miliciens de Duekoué. Moi, j'étais un rebelle aux ordres du chef de guerre Coulibaly. C'est lui qui m'a fourni des armes et des treillis militaires », s'était défendu le l'ex-chef du mont Péko.

Ouattara et Gbagbo cités dans l'affaire Ouérémi

Amadé Ouérémi ne s'est nullement pas arrêté à ces deux noms. Dans sa folie meurtrière lors du conflit ivoirien, le ressortissant burkinabè dit ne pas avoir agi seul. D'autant plus que, soutient-il à la barre, qu'à l'éclatement de la rébellion, il n'y était pas. Il préconise donc qu'on fasse appel à Guillaume Soro (ex-chef de la rébellion) et ses autres responsables pour qu'ils s'expliquent.

Se sentant par ailleurs piégé, Ouérémi évoque un coup de l'ex-Rassemblement des républicains (RDR). « Toujours, les gens viennent me faire des photos. Or c'est aujourd'hui j'ai compris que c'était une manœuvre du RDR pour me piéger », a-t-il dénoncé. Avant de citer d'autres complices. « Je ne suis pas le seul . On était beaucoup. Parmi nous, il y'avait des Guinéens et des Dioula. Moi-même, j'étais là-bas », a-t-il avoué.

Puis, l'ancienne terreur de l'ouest a à nouveau pointé du doigt l'ancien président Laurent Gbagbo et le président Alassane Ouattara comme les grands responsables de la tragédie qu'a vécue la Côte d'Ivoire.

Camp Ouattara, de l'eau au moulin de la CPI ?

À en croire un rapport de la Fédération ivoirienne des droits de l’homme (FIDH), la Cour pénale internationale arrive. Pour cette nouvelle venue de la CPI en Côte d'Ivoire, les enquêtes pourraient bien viser l'autre protagoniste du conflit ivoirien. Le camp Ouattara. Même si le ministre Sidi Touré, ancien porte-parole du gouvernement ivoirien, soutient n'en être pas informé.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara avait de son côté déclaré qu'il n'enverrait plus d'Ivoirien à la CPI. mais cette éventualité devait s'avérer, il est bien évident que les révélations d'Amadé Ouérémi auront leur pesant d'or. Une véritable mare d'eau au moulin de la CPI, qui vient de relâcher Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Et ce, après près d'une décennie de procès.




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