Bénin: Arrêté, un proche de Boni Yayi devant le procureur ce vendredi

Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 09 April 2021 à 16:28 | mis à jour le 09 April 2021 à 16:28

Au Bénin, le scrutin présidentiel se tiendra, dimanche 11 avril 2021, dans un contexte socio-politique marqué par les arrestations de plusieurs militants de l'opposition, dont un ancien ministre de l'ex-président Boni Yayi.

Jean Alexandre Hountondji, ancien ministre de Boni Yayi, devant le procureur ce vendredi

Plusieurs militants de l'opposition béninoise ont été arrêtés à l'issue des manifestations qui ont éclaté dans le pays, le mardi 6 avril dernier. Ces manifestants pour la plupart proches de l'ancien président Boni Yayi, opposés, au régime du président sortant Patrice Talon, dénonçaient le verrouillage du processus électoral devant aboutir à l'élection du nouveau président.

Parmi les personnes arrêtes, figurent Jean Alexandre Houtondji, ancien ministre et membre du parti d’opposition, Les Démocrates. Il a été arrêté et gardé à vue à la Brigade criminelle depuis jeudi 8 avril 2021 et devrait être présenté à un juge ce vendredi 9 avril 2021, apprend un média béninois. Son arrestation est intervenue alors qu'il prenait part aux manifestations de contestation contre la prorogation du mandat du président sortant.

Annoncées pour être pacifiques, ces manifestations qui ont éclaté dans plusieurs localités du pays, notamment dans les régions nord et centre, ont graduellement viré à des heurts avec des forces de l'ordre. Le bilan provisoire établi par les autorités, fait état d'un mort, de nombreux blessés et de destructions de biens publics et privés et de nombreuses arrestations.

Patrice Talon en roue libre vers un second mandat

Patrice Talon est candidat à sa propre succession, revenant sur sa parole de ne pas briguer de deuxième mandat, lui qui avait promis de se contenter d’un seul. Seul candidat sérieux en lice à cette élection présidentielle au Bénin, le président sortant aura face à lui, dimanche 11 avril 2021, des candidats peu connu du grand public. Les candidats sérieux issus de l'opposition, susceptibles de lui tenir la dragée haute, sont soit contraints à l'exil ou ont vu leurs dossiers de candidature, rejetés.

La révision constitutionnelle de 2019, au Bénin, institue le parrainage. Pour être candidat, le prétendant au fauteuil présidentiel doit obtenir les parrainages d’au moins 10 % du total des députés et des maires, soit 16 parrainages. Mais les 159 élus (82 députés et 77 maires) appartiennent tous au camp du pouvoir. L’opposition ayant boycotté les élections législatives et locales de 2016.

Toutes les tentatives du bloc de l'opposition, visant à casser cette disposition constitutionnelle, se sont toutes avérées infructueuses. Le Conseil Constitutionnel s'est en effet déclaré lui aussi, incompétent pour satisfaire aux revendications de l'opposition. À cette élection donc, il est clair que la réélection du président Patrice Talon, ne fait l'ombre d'aucun doute.




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