France: Emmanuel Macron remplace l’ENA par l’ISP

Par Eugène SAHI
Publié le 09 April 2021 à 16:07 | mis à jour le 09 April 2021 à 16:07

L’ISP (Institut du service public) va remplacer l'ENA (Ecole nationale d'administration), a annoncé Emmanuel Macron, jeudi, lors de la présentation de sa réforme de la haute fonction publique.

Suppression de l’ENA par Emmanuel Macron: “C'est du populisme qui jette en pâture la haute fonction publique”

Le président de la République a présenté, jeudi 8 avril, la réforme de la haute fonction publique qui comprend le remplacement de l’Ecole nationale d’administration par un nouvel Institut du service public (ISP). La mesure est hautement symbolique mais ne devrait pas permettre aux jeunes de 25 ans d'être propulsés à des postes à haute responsabilité. Les diplômés de l'Institut du service public devront d'abord passer plusieurs années dans des fonctions opérationnelles sur le terrain avant de pouvoir accéder aux postes de direction, a expliqué le chef de l'Etat, lui-même énarque.

"Le président ne souhaite pas que des personnes qui n'auraient jamais exercé auparavant, " viennent " du haut de leur trentaine, asséner des sentences et distribuer des bons et mauvais points", a souligné un conseiller. Daniel Keller, président de l'association des anciens élèves de l'ENA, a critiqué sur BFMTV, "une réaction panique en vue des élections qui approchent." C'est du populisme qui jette en pâture la haute fonction publique", a-t-il déploré.

La prestigieuse Ecole nationale d'administration, qui depuis 1945 fournit au pays ses plus hauts dirigeants, y compris quatre des six derniers présidents, était devenue le symbole de la République. Le 25 avril 2019, Emmanuel Macron avait créé la surprise en annonçant la suppression de l'ENA et la fin des grands corps (Conseil d'État, Cour des Comptes, Inspection des finances, Mines, Ponts etc.).

L’Institut du service public, un tronc commun à 13 écoles

Devant les 600 cadres de la haute administration, réunis en visioconférence pour la Convention managériale de l'Etat, il a déclaré jeudi que le nouvel ISP assurerait le socle de formation commun de tous les élèves administrateurs de l'Etat. Qu'ils soient préfets, ambassadeurs, recteurs ou directeurs des administrations et des grands corps.

L'Institut du service public devra "sélectionner des profils moins déterminés socialement", a-t-il dit. Concrètement, toujours situé à Strasbourg, il intégrera un tronc commun à treize écoles de service public, parmi lesquelles l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) et l'Ecole nationale supérieure de la police (ENSP).

La réforme ira plus loin puisqu'elle prévoit une réorganisation en profondeur du recrutement, de l'enseignement et du mode de classement des élèves. Le nouvel institut, qui devrait rester à Strasbourg, sera rapproché d'autres écoles de la haute administration et du monde universitaire, comme le conseillait en février 2020 le rapport sur l'avenir de l'ENA de Frédéric Thiriez. Une grande partie de la réforme, sera comprise dans une ordonnance qui doit être adoptée avant le 7 juin 2021.




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