11 avril 2011: Comment Alcide Djédjé a tenté de "sauver" Laurent Gbagbo"

Par K. Richard Kouassi
Publié le 12 April 2021 à 13:31 | mis à jour le 12 April 2021 à 13:31

Laurent Gbagbo a perdu le pouvoir le 11 avril 2011. Dix ans après son arrestation, on en sait davantage sur cet épisode de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Notamment, comment Alcide Djédjé a voulu préserver la vie de l'ex-chef d'État ivoirien alors que le palais présidentiel était sous les bombes.

Il y a dix ans, Laurent Gbagbo perdait le pouvoir

En 2010, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo sont au second tour de l'élection présidentielle. La Commission électorale indépendante (CEI) déclare le candidat du RDR (Rassemblement des républicains) vainqueur. De l'autre côté, le Conseil constitutionnel annonce que le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) a remporté le scrutin présidentiel.

La Côte d'Ivoire connait une crise postélectorale sans précédent. Les troupes fidèles à Alassane Ouattara et au président sortant s'affrontent militairement à Abidjan de janvier à mars 2011. L'époux de Dominique Ouattara et les siens se retranchent au Golf Hôtel. Pour sa part, Laurent Gbagbo et certains de ses proches demeurent au palais présidentiel.

Le 11 avril, Laurent Gbagbo et son épouse sont arrêtés. C'est la fin du régime des refondateurs. L'opposant historique d'Houphouët-Boigny chute après dix ans à la tête de la République ivoirienne. Détenu dans le nord du pays pendant huit mois, l'historien ivoirien débarque à La Haye en novembre 2011.

Quand Alcide Djédjé tentait de sauver le pouvoir Gbagbo

Le 4 avril 2011, des bombes pleuvent sur la résidence de Laurent Gbagbo, à Abidjan-Cocody. Jeune Afrique confie que les bombardements frappent d'abord les "armes lourdes et les dépôts de munitions des camps militaires d'Akouédo et d'Agban". Ensuite, ils visent le palais présidentiel et la résidence du père de Michel Gbagbo.

Alcide Djédjé, figure du régime du mentor de Charles Blé Goudé, monte au créneau. Nommé ministre des Affaires étrangères par Laurent Gbagbo, il propose une médiation avec Jean Marc Simon, alors ambassadeur de France en Côte d'Ivoire. Simone Gbagbo et Aboudramane Cissé marquent un refus catégorique. Finalement, le maitre des lieux donne son accord.

En compagnie de Koné Boubacar, cadre du FPI, Alcide Djédjé fonce à l'ambassade française. Il échange avec Jean Marc Simon, ajoute le magazine panafricain. Le ministre des Affaires étrangères quitte le domicile de l'ambassadeur. Il assure que Laurent Gbagbo "signerait un document de renonciation au pouvoir en échange de sa mise en sécurité, de son exil et de celui de ses proches".

De retour à la résidence des Gbagbo, Alcide Djédjé rencontre une ferme opposition de l'ex-Première dame Simone Gbagbo. On le taxe de "traitre". "Alcide a pris l’initiative de trouver une issue diplomatique pour sauver la vie de Gbagbo. Mais le président a estimé qu’il était allé trop loin", confie un proche de l'ancien chef d'État ivoirien.

 




Afficher les commentaires
Articles les plus lus