Nigeria: Une grève des médecins paralyse le pays le plus peuplé d'Afrique

Par Eugène SAHI
Publié le 13 April 2021 à 14:58 | mis à jour le 13 April 2021 à 14:58

Au Nigeria, un vaste mouvement de grève des médecins des hôpitaux publics nigérians, paralyse le pays. Depuis plus d 'un an, les médecins du pays le plus peuplé d'Afrique avec 200 millions d'habitants, réclament de meilleures conditions de travail.

Les médecins résidents des hôpitaux publics dans la précarité

Au Nigeria, cela fait déjà plus d’une semaine que les médecins résidents des hôpitaux publics ont entamé une grève illimitée. Les revendications concernent l'amélioration des conditions de travail et la dénonciation de licenciements ainsi que les réductions de salaires des médecins. Mais aussi, une meilleure couverture sociale et la hausse de leurs salaires.

Les grèves sont courantes au Nigeria où le secteur de la santé est négligé et sous-financé depuis des décennies et les infrastructures délabrées. Les médecins se plaignent depuis longtemps d'un manque de lits et de médicaments dans les hôpitaux ainsi que de kits de protection. D’autres demandes comprennent une couverture d'assurance-vie, une augmentation de salaire et le paiement des arriérés de salaires.

Nigéria: Un système de santé nigérian défaillant

Avec un salaire mensuel d’environ 500 euros, les médecins internes grévistes des hôpitaux publics nigérians réclament la revalorisation de leur rémunération depuis plusieurs années. Le pays d’Afrique le plus peuplé et première économie du continent finance peu les services de santé.

Une polémique portée par les principaux leaders d’opposition enflait mercredi au Nigeria, au lendemain du départ du président Muhammadu Buhari, 78 ans, à Londres pour des raisons médicales, alors que le système de santé nigérian est défaillant et que des médecins menacent de se mettre en grève.

“Ramenez Buhari dans l’un des hôpitaux 'magnifiques et performants' qu’il a construits”

"Aidez-nous à ramener M. Buhari à la maison pour qu’il puisse faire son check-up médical dans l’un des hôpitaux 'magnifiques et performants' qu’il a construits pour le Nigeria !", ironisait Omoyele Sowore, un opposant indépendant et grande voix de la contestation contre le pouvoir, appelant les nombreux Nigérians de la diaspora, notamment les médecins, à "occuper les hôpitaux" londoniens.

Des voix de nombreuses personnalités s’élevaient mercredi et le hashtag #BuhariMustGo ("Buhari doit partir") était partagé plusieurs dizaines de milliers de fois sur Twitter pour dénoncer le voyage, pendant deux semaines, du chef de l’État en Grande-Bretagne pour une "visite médicale", selon son entourage.




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