Assassinat de Sankara: La justice burkinabè va poursuivre Compaoré

Par Eugène SAHI
Publié le 13 April 2021 à 16:48 | mis à jour le 13 April 2021 à 16:48

Réouverture du dossier Thomas Sankara. La justice burkinabè décide de la mise en accusation de l’ex-président Blaise Compaoré pour attentat à la sureté de l’État, complicité d’assassinat dans le dossier de l’assassinat de l’ancien chef de l’État Thomas Sankara.

Blaise Compaoré et une dizaine d’accusés vont comparaître devant le tribunal militaire

Au Burkina Faso, le tribunal militaire a décidé de la mise en accusation de l’ex-président Blaise Compaoré pour attentat à la sureté de l’État, complicité d’assassinat et recel de cadavres dans le dossier de l’assassinat de l’ancien chef de l’État Thomas Sankara, a annoncé ce mardi, nos confrères de Rfi.

Selon le média français, Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Blaise Compaoré, est également poursuivi pour complicité d’assassinat, recel de cadavres, attentat à la sureté de l’État. Au total, 14 personnes doivent comparaître devant le tribunal dans ce dossier .

Le Président Roch Kaboré, réélu dès le premier tour avec 57,74%, avait promis de travailler à "la réconciliation nationale". L’une des innovations majeures que comporte ce dernier gouvernement, est la création d’un Ministère d’Etat chargé de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale rattaché directement à la Présidence du Faso.

 

Burkina Faso: Zéphirin Diabré nommé ministre de la Réconciliation nationale

L’ex-chef de file de l’opposition et 3e de la présidentielle de novembre 2020 au Burkina Faso, Zéphirin Diabré a été nommé ministre de la Réconciliation nationale.

Cet acte matérialise clairement la volonté du Faso et l’ensemble de la classe politique burkinabè à aller vers une réconciliation nationale sincère et inclusive pour bâtir un Burkina Faso de prospérité et de paix. Mais pas à n’importe quel prix. Puisque les autorités rouvrent le dossier Thomas Sankara et entendent faire toute la lumière sur cette affaire criminelle déclassifiée par la France.

"Je lancerai, dans les mois à venir, de larges consultations afin de définir les voies d’une réconciliation nationale véritable", avait annoncé le chef de l'État burkinabè fin décembre 2020 au moment de son investiture, précisant vouloir prendre en compte les "crimes de sang, économiques et politiques qui, de 1960 à nos jours, continuent d’envenimer les rapports entre les Burkinabé".

Reconstitution des faits

Le tribunal militaire a procédé le jeudi 13 février 2020 à la reconstitution des faits, aux interrogatoires et confrontations éventuels. « Faire le film des évènements du 15 octobre 1987 avec la présence de témoins, d'accusés, de partie civile et de toute personne jugée nécessaire par le juge d’instruction ». C’est ce qu’a laissé entendre Me Benewendé Sankara, l’un des avocats de la famille du président Sankara.

À noter que dans cette affaire, sur les trois dossiers déclassifiés par la France, deux ont déjà été réceptionnés, le troisième était toujours en attente d’après les avocats de la famille. De même, des mandats d’arrêts ont été brandis contre trois individus.

Il s’agit de l’ex président déchu du Burkina Faso, Blaise Compaoré, de son chef de sécurité lors des faits, Hyacinthe Kafando, et du Général Gilbert Diendéré, enregistrant à lui seul trois chefs d’inculpation, «d’attentat, assassinat et recel de cadavre ».

Installée à Montpellier, dans le sud de la France, depuis 1990, Mariam Sankara se bat toujours pour que la lumière soit faite sur l’assassinat de son mari.

"Ce n’est pas facile de perdre un être cher d’une manière si brutale et de surcroît par la trahison de proches. Je n’ai jamais revu Blaise Compaoré et il ne m’a jamais appelée. Il a disparu du jour au lendemain. Plus de trente ans plus tard, nous attendons toujours que justice soit rendue pour l’assassinat de mon mari », a-t-elle confié à Jeune Afrique.

Thomas Sankara est abattu lors d'un coup d'État qui amène au pouvoir Blaise Compaoré, le 15 octobre 1987. Son souvenir reste vivace dans l'esprit des jeunesses burkinabé mais aussi plus généralement en Afrique, qui en a fait une icône, un « Che Guevara africain », aux côtés notamment de Patrice Lumumba.




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