Michèle Alliot-Marie, témoin clé dans l'affaire du bombardement de Bouaké

Par Dreyfus polichinelle
Publié le 13 April 2021 à 21:27 | mis à jour le 13 April 2021 à 21:27

Le procès du Bombardement de Bouaké suit son cours de la Cour d'assises spéciale de Paris. Au nombre des officiels Français d'alors appelés à témoigner, Michèle Alliot-Marie. L'ancienne ministre de la Défense est présentée comme le témoin clé dans ce dossier sensible.

Bombardement de Bouaké, des officiels Français d'alors devant la justice

4 novembre 2004, en pleine crise ivoirienne, Laurent Gbagbo lance l'opération dignité. Objectif : détruire l'armement des forces rebelles dans le Nord ivoirien. Alors que les observateurs évoquaient des frappes chirurgicales, intervient le bombardement du cantonnement de la force Licorne Bouaké. En représailles, les soldats français détruisent, au sol, toute l'aviation de l'armée ivoirienne. Commence ainsi l'affaire du bombardement de Bouaké.

Les Biélorusses, pilotes de ces avions qui ont frappé le camp français, ont pu filer sans être inquiétés. Et pourtant, ils étaient pourtant appréhendés au Togo, d'où les autorités togolaises avaient informé leurs homologues françaises de ces arrestations. Mais ces suspects seront finalement relâchés.

Plus de 15 ans après cette affaire rocambolesque, la justice française a entrepris d'entendre les officiels Français d'alors. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, et l'ex-ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, de même que Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre du président Jacques Chirac, principaux responsables français mis en cause dans cette affaire, ont comparu, répondant aux questions de la cour et des avocats.

Michèle Alliot-Marie botte en touche et évoque le rapatriement des Français

À tour de rôle, les responsables français de l'époque sont passés devant le juge. L'ancien ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a rejeté la responsabilité des décisions sur l'Élysée et l'armée. Quant à Dominique de Villepin, tout en témoignant sa solidarité et sa compassion aux victimes et à leurs parents, a évoqué un « dysfonctionnement au niveau de l'État ».

Avant de pointer le ministère de la Défense, qui avait en charge la gestion directe de ce dossier. « La compétence du ministère de la Défense dans cette affaire est claire. Des soldats français sont morts à l’étranger », a-t-il déclaré.

Témoin clé dans cette affaire, Michèle Alliot-Marie n'a pas fait mieux que ses ex-collègues, anciens membres du gouvernement. Témoignant, ce mardi, madame Alliot-Marie a également survolé les questions. Se contentant de botter en touche. Sans pouvoir apporter des réponses précises que les familles des victimes et les militaires attendaient.

L'ex-ministre a par ailleurs indiqué qu'à l'époque des faits, « il y avait une montée des tensions à l’encontre des Français ». Sa priorité de l'époque étant de rapatrier des ressortissants français vivant en Côte d'Ivoire, selon ses dires.

La Cour d'assises spéciale de Paris rendra son verdict, ce jeudi 15 avril dans l'après-midi.

Contexte politique de la crise ivoirienne

A noter qu’au moment des faits, la présidence ivoirienne avait maille à partir avec l’Elysée. Dès l’éclatement de la crise militaro-politique en Côte d’Ivoire, une discussion était ouverte en France. Les belligérants ivoiriens s’étaient alors retrouvés à Linas-Marcoussis pour une sortie de crise.

Après ces discussions, Laurent Gbagbo avait nommé un nouveau Premier ministre et procédé à un remaniement ministériel. La nouvelle équipe gouvernementale mise en place comprenait, outre les partis politiques, des mouvements rebelles.

Cette crise ivoirienne a connu son point culminant en 2011, lors de la crise qui a éclaté après l'élection présidentielle. Lors de cette crise dite crise postélectorale, l'armée française a, à coups de frappes aériennes, délogé l'ex-chef d'Etat. Et ce, sous mandat onusien. La Cour pénale internationale (CPI) ouvre alors l'affaire Laurent Gbagbo après son transfèrement. Mais la cour de La Haye prononcera, le 31 mars 2021, l'acquittement de l'ancien président ivoirien.




Afficher les commentaires
Articles les plus lus