Affaire Bouaké : Comment les pilotes Biélorusses ont-ils pu s'échapper ?

Par Dreyfus polichinelle
Publié le 14 April 2021 à 19:54 | mis à jour le 14 April 2021 à 19:54

L'affaire du Bombardement de Bouaké suit son cours devant la cour d'Assises spéciale de Paris. D'anciens ministres français se succèdent à la barre pour faire leurs dépositions. Les interrogations tournent principalement autour des pilotes biélorusses, auteurs présumés du bombardement, qui ont pu s'échapper. À la suite des autres ministres d'alors, Michèle Alliot-Marie dit sa part de vérité sur cette affaire.

Mais qui a bien pu laisser filer les pilotes biélorusses ?

Confronté à une rébellion, Laurent Gbagbo, le président ivoirien d'alors, avait lancé l'opération « Dignité ». C'était le 4 novembre 2004. L'opération de déroulait suivant des frappes chirurgicales, selon des observateurs, quand, le 6 novembre, l'on apprend le bombardement du cantonnement français de Bouaké. Les mis en cause dans cette affaire étaient le pouvoir ivoirien, et surtout les pilotes biélorusses. Il s'agit bien de ces pilotes des fameux hélicoptères MI-24 et Sukhoi.

Mais curieusement, les soldats français de l'opération Licorne laissent filer ces pilotes et détruisent plutôt, au sol, les aéronefs ivoiriens. L'on apprend plus tard que lesdits pilotes ont été appréhendés au Togo. Ces derniers réussiront par la suite à partir sans autre forme de procès.

Pourquoi la France a-t-elle laissé filer les pilotes présumés, mis à sa disposition par le Togo, qui avait pourtant alerté via les canaux de trois ministères ?

Michèle Alliot-Marie se prononce sur le départ des pilotes

À la suite des Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie était appelée à la barre. C'était le mardi 13 avril 2021, devant la Cour d'Assises spéciale de Paris. L'ancienne ministre de la Défense a déclaré d'entrée qu'elle était, ès qualités « un ministère d’exécution de décisions prises par d’autres ».

Quoique le bombardement de Bouaké était pour elle un « coup de poing dans l’estomac », Madame Alliot-Marie soutient qu'elle « n’avait pas compétence ». De même qu'elle « ne pouvait être à l’initiative ». Et pourtant, elle était bien informée de l'arrestation des pilotes biélorusses au Togo.

« La première fois, quelques jours après le bombardement, j’ai enregistré l’information. Et quand j’ai demandé ce qu’il s’était passé le lendemain, on m’a dit qu’ils avaient été relâchés », a-t-elle déclaré. Avant de poursuivre : « La deuxième fois, je sais qu’il y a eu des discussions. Et si j’ai bonne mémoire, les services du ministère des Affaires étrangères estimaient qu’il n’y avait pas de possibilité ».

Michèle Alliot-Marie a par ailleurs ajouté : « J’ai alors demandé s’il était possible de monter une opération de la DGSE pour les récupérer ». « On m’a dit ''ça ne sert à rien, ils sont déjà repartis'' », a-t-elle conclut.

Témoin clé dans ce procès du bombardement de Bouaké, Michèle Alliot-Marie a certes donné des réponses. Sa déposition est frappée du sceau de la bonne foi. Cependant, son témoignage ne permet pas d'élucider ce qui s'est réellement passé dans le fief de la rébellion, plus de quinze ans plus tôt.




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