Certificat de décès de Thomas Sankara: Vers la fin d'un mensonge d'Etat ?

Par Dreyfus polichinelle
Publié le 15 April 2021 à 18:10 | mis à jour le 15 April 2021 à 18:10

Thomas Sankara est décédé, le 15 octobre 1987. Près de 35 ans après, de nombreuses thèses continuent de contredire la version officielle qui évoque une « mort naturelle ».

Thomas Sankara, assassinat ou mort naturelle ?

15 octobre 1987, l'Afrique entière est sous le choc de la nouvelle du décès de Thomas Sankara. La situation, très confuse au départ à Ouagadougou, commençait à s'éclaircir. La presse étrangère, très alerte ce jour-là, indiquera que le capitaine révolutionnaire est mort. Tué, alors qu'il était en pleine réunion au Palais présidentiel avec 12 de ses collaborateurs. Tous massacrés également des mains d'un commando puissamment armé qui avait fait une intrusion lors de cette fameuse réunion.

L'on apprendra par la suite, par les soins de Blaise Compaoré, le nouvel homme fort du pays la version officielle. Sankara est mort de « mort naturelle ». Telle est également la cause du décès qui figure sur le certificat de décès. Les nouvelles autorités du Faso ont, dans la foulée, enterré à la hâte le défunt chef d'État. Dans le strict secret. De nombreux Burkinabè s'interrogèrent sur la localisation de la tombe de Thomas Sankara. Mais hélas !!! C'était un véritable secret d'État. Affaire classée.

Cependant, après la chute de Blaise Compaoré, les autorités du pays des hommes intègres ont réveillé le dossier. Trois décennies plus tard. Le tribunal militaire de Ouaga a d'ailleurs mis en accusation Compaoré et 14 de ses coaccusés. Il a par ailleurs émis un mandat d'arrêt international contre ceux-ci.

Enfin la vérité sur la mort du capitaine révolutionnaire

La justice a donc placé les couverts pour juger les mis en cause. Contre l'ancien président burkinabè pèse les chefs d'accusation d' « attentat à la sureté de l’État, complicité d’assassinat et recel de cadavres ». « L'heure de la justice a enfin sonné, un procès peut s'ouvrir. Il n'appartient plus maintenant qu'au procureur militaire de programmer la date de l'audience », avait lancé Me Guy Hervé Kam, avocat de parents de victimes.

Blaise Compaoré comparaîtra-t-il en personne ou sera-t-il jugé par contumace ? Telle est la grande inconnue dans cette affaire. D'autant plus que le président déchu vit en exil en Côte d'Ivoire. Où il bénéficie d'une attention particulière des autorités ivoiriennes. Il a d'ailleurs pris la nationalité ivoirienne. Et quand l'on sait que le président Alassane Ouattara a déclaré ne plus extrader d'Ivoiriens...

Toutefois, la question du certificat de décès de Thomas Sankara vient à nouveau de resurgir. Avec le procès annoncé, la vérité sera enfin sue sur les causes réelles de la mort du capitaine. C'est du moins ce qu'espèrent les millions de Burkinabè et autres observateurs qui attendent depuis environ 35 ans.




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