L’OIDH fait de graves révélations sur les violences électorales de 2020

Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 15 April 2021 à 20:36 | mis à jour le 15 April 2021 à 20:36

L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (Oidh) a présenté ce jeudi 15 avril 2021, dans ses locaux, à Abidjan-Cocody, les résultats provisoires du projet de monitoring des violations des droits humains lors des processus électoraux en Côte d’Ivoire

Violences électorales : L'OIDH livre le bilan partiel des enquêtes effectuées

Le bilan des violences enregistrées lors de la présidentielle d'octobre 2020, va bien au-delà de celui présenté par les autorités ivoiriennes. C'est la révélation faite, jeudi 15 avril 2021, lors d'un point de presse animé par Mel Christiano Aké, coordonnateur adjoint du projet de monitoring des violations des droits de l’homme lors des processus électoraux en Côte d’Ivoire.

À l'entame de son propos, l'activiste des droits de l'homme a précisé que l'objectif de ce projet n’est ni subversif, ni partisan, encore moins de remuer le couteau dans la plaie. "Il est plutôt question de revenir et d’élucider des faits constitutifs de violation grave des droits de l’homme, mais qui n’ont pas été suffisamment relayés ou qui ont été tout simplement passés sous silence, alors qu’il y a eu plusieurs centaines de victimes dont certaines n’ont toujours pas eu de recours", a expliqué M. Mel.

Dans le bilan partiel divulgué par l'organisation, à l'issue d'enquêtes minutieuses menées sur le terrain des hostilités, le responsable de formation et de projets de l’OIDH, révèle que les moyens utilisés durant les violences, allaient des armes blanches aux armes légères et de petits calibres avec une préoccupante accentuation du niveau de gravité des violences et une banalisation du crime.

"Dans bien de localités, le bilan enregistré est au-delà des chiffres officiels annoncés par le gouvernement"

Entre août et novembre 2020, de violentes manifestations ont éclaté dans plusieurs localités du pays, lors de protestation contre le 3e mandat jugé anti-constitutionnel du président Alassane Ouattara. Dans bien de localités du pays, ces mouvements de contestation, se sont mués en affrontements intercommunautaires entre militants de l'opposition et ceux favorables au régime. Le bilan officiel des violences, dressé par les autorités ivoiriennes, fait état de 85 morts, près de 500 blessés et d'importants dégâts matériels. Mais pour l' OIDH, les dégâts enregistrés vont bien au-delà de ceux officiellement présentés.

"Dans bien de localités, le bilan enregistré est au-delà des chiffres officiels annoncés par le gouvernement. À Divo par exemple, les enquêtes ont révélé une trentaine de morts là où les chiffres officiels ont fait mention de 8 morts. Il en est de même à Toumodi ou les investigations ont établi 7 morts au lieu de 4 comme annoncé par les chiffres officiels", a-t-il relaté.

"Ces actes de violences, dans certaines localités, semblent avoir été savamment planifiés et orchestrés de sorte à viser des communautés données"

L' OIDH a par ailleurs révélé la présence de milices armées, ayant combattu dans plusieurs localités, notamment dans les villes de Divo et de Bonoua. "Dans certaines localités, des jeunes gens vêtus de treillis et chaussés de « lèkè », ont agi telle "une force parallèle". Ils étaient convoyés par des véhicules de transport en commun dénommés "gbaka". Ces individus sus mentionnés, ont pris une part active aux combats et contribué fortement à décupler les violences", confie l'organisation.

" Cette force ou milice serait à la solde de certaines personnalités politiques. Elle a combattu dans la majorité des villes, plus particulièrement à Bonoua, Divo, Sakassou, Toumodi et Ablykro, en prenant tantôt l’appellation de microbes, tantôt de « brigade rouge » selon les communautés enquêtées. Est également revenue de manière récurrente la participation des « dozos » aux affrontements", a dénoncé Mel Aké.

Il a expliqué que la plupart des violations ou atteintes, fait état d’assassinats, de meurtres, de coups et blessures volontaires, de disparitions, d’enlèvements, d’arrestations arbitraires, de destructions massives de biens (...). "En somme, ces actes de violences dans certaines localités, semblent avoir été savamment planifiés et orchestrés de sorte à viser des communautés données", fait-il savoir.




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