Côte d'Ivoire: Vive indignation après la condamnation d' Amadé Ouérémi

Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 16 April 2021 à 12:32 | mis à jour le 16 April 2021 à 12:32

Le verdict de l'affaire relative aux massacres de Duékoué, est tombé. L'ex-seigneur de guerre Amadé Ouérémi a été reconnu coupable de plus d'une douzaine de chefs d'accusation. La justice ivoirienne a prononcé à son encontre une peine d'emprisonnement à vie.

Massacres de Duékoué : Condamnation à perpétuité pour l'accusé Amadé Ouérémi

Après 7 jours de procès, Amadé Ouérémi, seul accusé à comparaître à la barre pour les massacres perpétrés entre 2010 et 2011 au quartier carrefour de Duékoué, a été déclaré coupable de la douzaine de chefs d'accusation, qui étaient retenus contre lui. La Justice ivoirienne a prononcé à son encontre une condamnation à perpétuité assortie d'une amende de plus d'un milliard de FCFA.

Crimes contre les populations, séquestration, pillage, destructions, viols sont entres autres les faits qui sont reprochés à l'ancien supplétif des forces pro-Ouattara. Le long du procès, l'accusé a maintes fois clamé qu'il n'était qu'un simple élément, à la solde des chefs de guerre et non le principal instigateur des massacres des 28 et 29 mars 2011, qui ont fait plus de 817 morts.

Le juge président rejette les accusations du mis en cause

« Depuis 2013, je suis en train de dire la vérité, mais les gens ne me comprennent pas. Je n’ai pas commandé, je n’ai pas dirigé. Je n’ai pas donné des ordres d’attaquer. Je n’ai tué personne. Ils m’ont forcé à faire les combats. Ils ont attrapé mon premier fils. Le travail est gâté, chacun se cherche. Ils ne viennent pas me rendre visite en prison. Les gens ne veulent pas que je parle », a-t-il clamé lors de la première phase de son procès.

Amadé Ouérémi avait nommément cité le Commandant Fofana Losseni dit Loss et le lieutenant Coulibaly, deux anciens chefs rebelles devenus hauts gradés de l'armée sous le régime Ouattara. L'accusé a indiqué que ce sont ces chefs qui ont ordonné l' expédition punitive sur le quartier Carrefour de Duekoué, où était positionnée l'armée ivoirienne. Mais les juges de la Cour ont accordé peu d'importance aux révélations faites par Amadé Ouérémi. Rejetant ainsi la requête de Me Rosine Séripka, son avocate, qui sollicitait la comparution à la barre des deux chefs militaires nommément cités.

La position de Issiaka Diaby, président de l'association des victimes

Invité à se prononcer sur la condamnation de l'accusé, Issiaka Diaby, président de la Coalition des victimes de la crise de 2010-2011, a souhaité que l'enquête consécutive à ces massacres, suive son cours. "Que la justice ivoirienne continue son enquête parce que tous les auteurs des crimes n’ont pas été entendus au cours de ce procès. A Duékoué, les poursuites contre tous les auteurs de crimes, ne doivent pas cesser maintenant", a souhaité M. Diaby.

Selon lui, tous les criminels, d'un camp comme de l'autre, doivent répondre de leurs actes devant la justice ivoirienne qui, pour lui, est en train de prendre le dessus sur la "Cour pénale internationale dans la lutte contre l’impunité". Le porte-voix des victimes de la crise de 2010-2011 a par ailleurs dénoncé la non-comparution des Colonel Losséni Fofana dit Loss et Coulibaly dit Coul, nommément cités par l'accusé.

"Pour nous, les colonels Losséni Fofana dit Loss et Coulibaly dit Cool devraient être au tribunal, dès lors qu’ils ont été cités, pour la manifestation de la vérité. C’est le juge qui a la police de l’audience. Nous avons demandé que ceux-là soient là pour que les responsabilités soient situées", s'est-il désolé. "Le juge a décidé autrement, au détriment des victimes. C’est une décision de justice, on est obligé de l’accepter mais à contre cœur. Pour nous, ces personnes-là devraient venir dire leur part de vérité", a exprimé Issiaka Diaby.




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