Sassou Nguesso prête serment devant une vingtaine de dirigeants africains

Par Eugène SAHI
Publié le 16 April 2021 à 22:58 | mis à jour le 16 April 2021 à 22:58

Denis Sassou Nguesso a prêté serment ce vendredi 16 avril 2021 pour un cinquième mandat, le quatrième consécutif à la tête du Congo (Brazzaville).

Le "Patriarche" Sassou Nguesso applaudi par une vingtaine de dirigeants africains

Denis Sassou Nguesso a prêté serment devant quelque 700 invités, dont une vingtaine de chefs d’État africains et de nombreux représentants internationaux.

Parmi les chefs d’Etat qui ont été accueillis à Brazzaville, la capitale congolaise, pour assister à la prestation de serment de "l'Empereur" (surnom que lui ont donné les présidents ivoirien et guinéen), on compte le Burkinabé Roch Marc Kaboré, le Nigérien Mohamed Bazoum ou encore le président de la RDC, Félix Tshisekedi, Macky Sall du Sénégal, Idriss Déby Itno du Tchad, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le ghanéen Nana Addo, le Guinéen Alpha Condé et les chefs d’Etats de la Guinée Equatoriale, du Liberia, de la Mauritanie, Tchad, du Togo, de l’Ethiopie, du Mali, de Namibie et du Niger.

Au nombre des invités de marque à cette cérémonie, seul le nom de la personnalité désignée par le président français Emmanuel Macron pour le représenter, a suscité une légère déception à Brazzaville. La France s’est fait représenter à cette cérémonie d'investiture du président Congolais, par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

A 77 ans, dont bientôt 37 cumulés au pouvoir, M. Sassou a été investi pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Congo-Brazzaville, pays d'Afrique centrale riche en pétrole et en bois, qui s'étend au milieu des forêts et des tourbières du bassin du Congo.

Qui est Dénis Sassou Nguesso, “ l'Empereur"

Sassou est l'un des doyens des chefs d’Etat africains en terme de longévité, derrière son voisin camerounais Paul Biya et l'Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema. Sassou Nguesso est arrivé au pouvoir en 1979 et a dirigé le pays d’une main de fer sous le régime du parti unique jusqu’en 1992.

Né en novembre 1943 dans la bourgade d'Edou, à plus de 400 km au nord de Brazzaville, il embrasse une carrière militaire au moment où le Congo obtient son indépendance de la France en 1960. Entre 1961 et 1963, il suit une formation militaire à l'école des officiers de réserve de Cherchell, dans une Algérie encore française, puis à l'école d'application de l'infanterie à Saint-Maixent (ouest de la France).

Jeune officier, il participe en 1968 au mouvement qui renverse le président Alphonse Massamba-Débat et porte au pouvoir le commandant Marien Ngouabi qui veut édifier une société "socialiste" sous les Tropiques.

L'année suivante, il participe à la fondation du Parti congolais du travail (PCT), parti unique acquis au marxisme-léninisme. Élément clé du système sécuritaire du régime, ministre de la Défense, Sassou accède à la tête de l'État en 1979, deux ans après l’assassinat de Ngouabi.

L’exil pour Sassou Nguesso battu par Pascal Lissouba

Dans ce régime aligné sur le bloc soviétique, le colonel Sassou est, dans les années 1980, "président du comité central", "chef de la République", "chef du gouvernement". Au tournant des années 1990, la chute du mur de Berlin et le président français François Mitterrand obligent l'Afrique à se convertir tant bien que mal au multipartisme.

Essai réussi au Congo: lors de la première présidentielle démocratique de 1992, Sassou Nguesso est battu par Pascal Lissouba. C'est la traversée du désert et l'exil en France, le pays qui l'a finalement toujours soutenu. L'essai ne dure guère. Le Congo s'enfonce dans la violence et la guerre civile, sur fond d'enjeux pétroliers. Le président Lissouba ira jusqu'à accuser Elf (ex-Total) d'avoir soutenu le retour au pouvoir de M. Sassou Nguesso.

Le "vieux sage" dans les crises régionales

Depuis la mort, en 2009, du président gabonais Omar Bongo, qui avait épousé sa fille, Denis Sassou Nguesso se plaît d'ailleurs à endosser à son tour, le rôle du "patriarche" ou du "vieux sage" dans les crises qui secouent la région, et parfois au-delà en Afrique.

Réélu au premier tour de l’élection présidentielle du 21 mars 2021 avec une majorité absolue des suffrages exprimés, Sassou Nguesso a placé en tête de ses priorités pour les cinq années à venir, la paix, la jeunesse et le développement de l'agriculture pour sortir du tout-pétrole et de la dépendance aux importations.




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