Crise entre l'Ethiopie et le Soudan à cause du barrage de la Renaissance

Par Eugène SAHI
Publié le 19 April 2021 à 20:02 | mis à jour le 19 April 2021 à 20:02

Le barrage de la Renaissance, édifié par l’Ethiopie sur le Nil (Nil bleu), suscite les craintes de l’Egypte et du Soudan quant à la diminution de leur part annuelle des eaux du fleuve.

Le Bassin du Nil bleu, objet de convoitise de 11 pays, menacé par le barrage de la Renaissance

Maryam Al-Sadiq Al-Mahdi, la ministre soudanaise des Affaires étrangères, a accusé, lundi, l'Éthiopie de menacer la sécurité nationale de son pays suite au deuxième remplissage prévu du barrage de la Renaissance. Addis-Abeba envisage de démarrer le remplissage du barrage de la Renaissance cette année, pendant la saison des pluies, qui coïncide avec le mois de juillet prochain. Le Soudan et l’Egypte refusent cette décision unilatérale.

“Le barrage de la Renaissance menace 20 millions de Soudanais”

La ministre Al-Mahdi a déclaré, dans un bref communiqué, que "les Éthiopiens ont attaqué le Soudan et porté atteinte aux relations de voisinage à travers le remplissage du barrage", en juillet dernier. "Aujourd'hui, 20 millions de Soudanais et la sécurité nationale du Soudan sont sous la menace, après l'annonce de leur mise en œuvre du deuxième remplissage, prévu pour juillet prochain", a-t-elle martelé.

Dans ce contexte, le Soudan a appelé à l'organisation d'un sommet des chefs d'États et de gouvernements africains pour parvenir à un accord sur le barrage de la Renaissance. C'est ce qui est ressorti d'un compte rendu de la rencontre de la ministre Al-Mahdi, tenue dimanche soir, avec les ambassadeurs de l'Union africaine à Khartoum, envoyé par le ministère des Affaires étrangères aux médias.

Il y a quelques mois, l'Éthiopie a rejeté une proposition soudanaise, soutenue par l'Égypte, de former une médiation internationale quadripartite, comprenant les Nations Unies, les États-Unis, l'Union européenne et l'Union Africaine, pour résoudre les négociations bloquées sur une période de 10 ans. La partie éthiopienne affirme que le barrage lui sera d’une grande utilité, notamment en matière de production d’énergie, et qu’il ne causera aucun préjudice à l’Egypte ni au Soudan.

Le bassin du Nil couvre une superficie d'environ 3,1 millions de km2, soit 10% du continent africain. Au moins 11 pays se partagent ce bassin: le Burundi, la République démocratique du Congo, l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, le Soudan du Sud, l'Ouganda et la République-Unie de Tanzanie.




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