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Côte d’Ivoire : Moussa Sanou exige un audit de la filière cacao

Régis BOCO
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Moussa Sanou réclame l’ouverture immédiate d’une enquête financière indépendante afin de faire toute la lumière sur le détournement présumé des quotas d’achat de la filière agricole nationale. Le président du Syndicat national agricole vision nouvelle de Côte d’Ivoire dénonce les manœuvres frauduleuses qui bloquent l’évacuation des fèves et menacent directement la stabilité des revenus des communautés rurales.

Côte d’Ivoire : le réquisitoire de Moussa Sanou

Le leader syndical a réuni les professionnels des médias ce jeudi 27 août 2026 au sein de la commune d’Abidjan-Cocody pour clarifier l’origine de la crise des stocks. Les analyses techniques écartent la responsabilité directe du ministère de l’Agriculture ou des équipes régulatrices du Conseil du café-cacao. Les blocages opérationnels proviennent de la gestion opaque des volumes de réserve par le Collège des producteurs au sein de l’Organisation interprofessionnelle agricole. Les gérants de cette structure ont capté une première dotation de 40 000 tonnes sur l’enveloppe globale de 100 000 tonnes validée par l’État.

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Les mandataires ont ensuite obtenu 23 830 tonnes supplémentaires sans fournir le moindre bilan comptable sur l’utilisation des ressources antérieures. Cette rétention artificielle prive 614 coopératives locales de leurs droits d’expédition réglementaires sous le prétexte d’un volume insuffisant par magasin. Le représentant des agriculteurs a fustigé la corruption interne qui fragilise l’équité des circuits de commercialisation de l’or brun. « Le problème se situe au niveau des producteurs et non de l’État », a-t-il affirmé.

Le trafic transfrontalier fragilise l’économie

Les dysfonctionnements administratifs du Collège des producteurs s’accompagnent de dérives commerciales majeures qui pénalisent la richesse nationale. Des acheteurs privés privilégient l’acquisition illégale de cargaisons en provenance du Ghana et du Liberia à des prix bradés au détriment des récoltes locales. Des intermédiaires écoulent des quotas d’enlèvement à des prix dérisoires compris entre 200, 300 et 500 francs CFA le kilogramme au bénéfice de réseaux d’influence.

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Face à ces fraudes, les exploitants exigent la démission de l’équipe dirigeante et rejettent le prélèvement obligatoire de 10 francs CFA par kilogramme au titre de la contribution volontaire obligatoire. Le syndicat demande un renouvellement des codes d’activité pour les structures inactives et des moratoires fiscaux pour stabiliser le marché intérieur lors de la prochaine campagne.

Moussa Sanou réclame un audit indépendant sur la gestion de 63 830 tonnes de cacao attribuées au Collège des producteurs. Le syndicat SYNAVICI exige la démission des dirigeants de cette structure et le gel de la taxe de 10 francs CFA par kilogramme. L’organisation appelle également à durcir la lutte contre la contrebande en provenance du Ghana et du Liberia.

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