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Mali : comment l’Africa Corps arme l’ennemi en se retirant de certaines positions

Patrice Dama
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Mali : comment l'Africa Corps arme l'ennemi en se retirant de certaines positions
Mali : comment l’Africa Corps arme l’ennemi en se retirant de certaines positions

Au Mali, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, l’Africa Corps s’implique activement dans la riposte contre le Jnim et le Front de libération de l’Azawad suite aux attaques du 25 avril. Sur le terrain, les mercenaires russes, confrontés à l’intensité des combats, abandonnent certaines positions. Le dimanche 26 avril, 24 heures après le début des attaques, les combattants russes ont négocié avec les rebelles pour se retirer de la ville de Kidal. À Tessalit et Aguelhok, ils ont également abandonné leurs positions, laissant le terrain libre aux rebelles. En partant, les membres de l’Africa Corps laissent derrière des équipements qui musclent les moyens des rebelles et terroristes.

Mali : les enjeux du retrait de l’Africa Corps de certaines zones de combat

Au début des attaques, Africa Corps a visiblement pris du temps pour prendre en main la situation. Cela a d’ailleurs suscité des interrogations sur sa capacité à réussir des tests grandeur nature comme celui du samedi 25 avril. Plusieurs villes prises simultanément et des assauts lancés en plein cœur de Kati, QG du régime militaire, où le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, a trouvé la mort. À Kidal, ville symbole pour le pouvoir, Africa Corps a dû se retirer en négociant, laissant la ville entre les mains des rebelles qui y règnent en maîtres.

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En quittant Kidal et d’autres positions, les membres de l’Africa Corps perdent du terrain. Mais le danger derrière ces départs précipités, c’est l’abandon de matériel lourd qui tombe dans les mains des terroristes et des rebelles. Les terroristes du JNIM et les rebelles du Front de libération de l’Azawad s’emparent non seulement des positions abandonnées, mais aussi des blindés, équipements lourds et ressources militaires sensibles abandonnés. À Tessalit, les combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont hérité d’une piste d’atterrissage après le retrait de l’Africa Corps. Cet espace est en mesure d’accueillir des hélicoptères et des appareils militaires. Dans une guerre comme celle menée au Mali, ce type de transfert rééquilibre les forces et renforce la capacité de nuisance de l’adversaire.

Une situation qui révèle des défaillances dans les replis de l’Africa Corps

Selon des observateurs avertis, les replis de l’Africa Corps qui profitent aux terroristes et rebelles traduisent « une défaillance profonde dans la conduite des opérations ». Logiquement, dans une telle situation, « une force structurée anticipe ses replis, sécurise ses équipements, coordonne ses mouvements avec ses alliés ». Un spécialiste des questions sécuritaires dans le Sahel révèle que le tableau affiché par les membres de l’Africa Corps montre que la stratégie de l’Africa Corps révèle « une approche désorganisée » dont l’objectif principal est de s’éloigner le plus rapidement possible du danger.

Alors qu’ils sont là pour appuyer les Forces armées maliennes, les replis des mercenaires russes compliquent la tâche sur le terrain. L’armée régulière se retrouve dans ces cas, seule face à l’ennemi comme à Kidal. Face à des terroristes et rebelles mieux équipés avec des équipements abandonnés par l’Africa Corps, les Forces armées maliennes sont secouées et perdent le prix le plus lourd.

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Même s’il essaie de se rattraper dans les ratissages, l’Africa Corps, pour n’avoir pas pu anticiper ni empêcher cette série d’attaques qui a coûté la vie au ministre de la Défense, suscite des inquiétudes sur sa réelle capacité à atteindre ses objectifs au Mali. Le groupe paramilitaire russe devait incarner une solution alternative, capable de restaurer la sécurité et de soutenir les forces nationales. Mais dans les combats en cours, il contribue par ses erreurs à équiper l’ennemi et à renforcer la capacité de ce dernier. À partir de ce moment, le Mali peut-il toujours considérer l’Africa Corps comme un partenaire fiable, alors que ces erreurs peuvent retarder la maitrise rapide et totale de la situation?

Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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