Douala: Des partisans de Kamto, libérés après des heures de détention

Kah Walla annonce la libération des partisans de Maurice Kamto
Par Jean-Marc Bouazo
Publié le 28 octobre 2018 à 20:16 | mis à jour le 28 octobre 2018 à 20:18

La présidente du Cameroon people’s party (CPP), Kah Walla, a annoncé samedi soir la libération de tous les partisans de l’opposant Maurice Kamto, qui avaient été interpellés lors d’une manifestation de protestation contre les résultats de la présidentielle du 7 octobre, à Douala.

Des proches de Kamto en liberté

"Tous ceux qui ont été arrêtés aujourd'hui sont libres", a publié Kah WAlla qui s’est rendue à la police judiciaire, à Bonanjo (quartier de Douala), sur Twitter.

Samedi matin, plusieurs dizaines "de militants, sympathisants" du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dont l’avocate Me Michèle Ndoki, ont été interpellés pendant qu'ils manifestaient pour protester contre les résultats du scrutin proclamés lundi par le Conseil constitutionnel.

Dans la perspective de la prestation de serment de Paul Biya, déclaré vainqueur de la présidentielle par le Conseil, en "novembre", un programme dit de "résistance nationale au hold-up électoral a été dévoilé par le MRC.

Selon ce programme qui s’étend de vendredi au jour de la prestation de serment de M. Biya, président déclaré élu par le Conseil constitutionnel, une marche est prévue sur le Wouri (pont), à Douala et un rassemblement de protestation pacifique contre sa prestation de serment, devant les sous-préfectures, préfectures est annoncé dans toutes les villes du Cameroun.

Vendredi lors d’un point de presse, le ministre Paul Atanga Nji, a rappelé que "le processus électoral" était "terminé avec la proclamation (lundi) des résultats de la présidentielle par le Conseil constitutionnel" et que "l’’administration (qui) a jusqu’alors, fait preuve de retenue", n’allait "tolérer désormais aucun désordre."

En réaction, aux activités annoncées par le camp du candidat Maurice Kamto, qui continue de réclamer sa victoire à la présidentielle, il a soutenu que les manifestations publiques devraient "de nouveau se dérouler selon les conditions prévues par la loi."

Le président Paul Biya, 85 ans dont 35 au pouvoir, a été réélu pour un septième mandat avec 71,28% des suffrages, alors que l’opposant Kamto, qui arrive deuxième avec 14,23% des voix, a "rejeté" ces résultats et "refusé de reconnaître la légitimité du chef de l’Etat."

Le candidat, dont les recours ont été rejetés par le Conseil constitutionnel, revendique la victoire depuis le lendemain du scrutin et annonce des scores différents: 39,74 % contre 38,47 % pour M. Biya selon ses chiffres "consolidés."


En "contestant les résultats proclamés par le Conseil, Maurice Kamto a "de nouveau décidé de se mettre en marge de la légalité", selon Antaga Nji, précisant que le candidat et son "entourage n’ont cessé de multiplier les provocations et poser des actes dangereux contre la paix sociale, en essayant d’organiser un mouvement insurrectionnel."

"Toutes les tentatives de trouble à l’ordre public seront traitées avec la plus grande fermeté, les auteurs comme ceux qui y auront incités auront à répondre devant les instances judiciaires compétentes", a prévenu le ministre de l’Administration territoriale.

Quelques heures après ces interpellations, le CPP a accusé "le régime Biya (d’avoir) a entamé une campagne de violation des droits fondamentaux tout azimuts, depuis la proclamation des résultats."