Côte d'Ivoire: Voici pourquoi Ouattara dit "non" au retour de Gbagbo

Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien est attente de son éventuel procès en appel devant la CPI
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 23 janvier 2020 à 13:52 | mis à jour le 23 janvier 2020 à 13:52

L’Etat de Côte d’Ivoire a présenté ses observations écrites sur la requête des avocats de Laurent Gbagbo demandant la remise en liberté « sans condition » de l’ancien président ivoirien.

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La République de Côte d’Ivoire est formellement opposée à la levée des conditions restrictives imposées à la libération des deux Ivoiriens, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé dont le procès est en cours devant la Cour pénale internationale (CPI). Dans leurs observations écrites présentées à la Cour, conformément à l’ordonnance du juge nigérian Chile Eboe-Osuji, Me Jean-Pierre Mignard et Me Jean-Paul Benoît, les avocats commis par le gouvernement ivoirien, estiment qu’un retour en Côte d’Ivoire de l’ancien chef d'État ivoirien acquitté en 2019, serait un « facteur de grave désordre ».

«Monsieur Gbagbo et ses partisans ne manqueraient pas d'exploiter la décision d'acquittement de la Chambre de première instance pour contester à la République de Côte d'Ivoire toute coopération avec la Cour durant la poursuite de la procédure », ont-ils exprimé. Pour l'État ivoirien, Laurent Gbagbo devrait en effet être présent devant la Cour durant les audiences et à tous les stades de la procédure d'appel.

« Son retour en Côte d'Ivoire, sans que l'affaire n'ait été définitivement jugée, replacerait la Côte d'Ivoire dans la même situation troublée que celle qui avait motivé la saisine de la Cour », ont fait savoir les avocats de l'Etat. Lesquels s'inquiètent que Gbagbo et Blé Goudé, en attente d’un éventuel procès en appel, ne prennent la fuite au cas où la décision rendue ne leur était pas favorable.

« Dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice, il faut s’assurer que la décision sur la liberté ne compromette pas l’appel interjeté contre l’acquittement », estiment-ils avant d’ajouter qu’une mise en liberté totale, sans conditions, ne devrait être envisagée que si Monsieur Gbagbo présente de solides garanties de représentation.

«Or, tel n’est pas le cas en l’espèce puisque le comportement de Monsieur Gbagbo est imprévisible et la gravité des charges et le risque qui s’ensuit de condamnation à une lourde peine, l'existence d’un réseau de partisans et les moyens dont dispose Laurent Gbagbo sont de nature à I’inciter à prendre la fuite ».


Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoit prient donc ''respectueusement'' les juges de la chambre d’appel de prendre acte du fait que la décision du 1er février 2019 est ''juste, équilibrée et proportionnée''. Et ce, d’autant plus que parmi les conditions posées par la Chambre d’appel, aucune ne prive l’ancien chef d’ Etat de ses droits civiques et politiques, contrairement à la requête de ses avocats. Rendez-vous est pris les 6 et 7 février prochain à La Haye où une audience est prévue à ce propos.