CEDEAO : la BIDC multiplie son portefeuille
En cinq ans, la Banque d’investissement et de développement (BIDC) de la CEDEAO a réalisé une montée en puissance. Selon le bilan présenté par le président George Agyekum Donkor, les chiffres sont passés de 793,34 millions de dollars en 2020 à 2,13 milliards fin 2025.
CEDEAO : de la dépendance au bilan à la conquête des marchés financiers
Derrière cette croissance, quelque chose a changé en profondeur. La BIDC ne se finance plus de la même façon. En 2020, elle levait 60,83 millions de dollars sur les marchés. En 2025, ce chiffre a atteint 582,41 millions. Le bilan de la banque a progressé de 154 % sur la période. Le tournant a eu lieu en 2022. La BIDC a levé 120 milliards de FCFA, soit 209 millions de dollars, sur le marché financier de l’UEMOA. Jamais un acteur non souverain n’avait réussi pareille opération sur ce marché.
Les investisseurs ont répondu au-delà des attentes : sursouscrite, l’émission a été fermée en 48 heures. La banque a également été la première institution de financement du développement à lancer une obligation verte, sociale et durable à la BRVM. Elle a décroché l’accréditation du Fonds vert pour le climat, ouvrant l’accès à des ressources concessionnelles jusqu’ici hors de portée.
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Des chiffres solides, une note qui coince
Sur les cinq ans du plan stratégique 2021-2025, tous les objectifs ont été dépassés : 161 % pour les approbations, 162 % pour la mobilisation de ressources. Au total, 4,13 milliards de dollars d’approbations et 2,37 milliards de décaissements. Depuis 1975, la banque totalise plus de 5,41 milliards engagés, 333 projets et plus d’un million d’emplois selon ses propres chiffres. « Le développement ne se résume pas au capital, il s’agit de transformation », a déclaré George Agyekum Donkor.
Mais sur les marchés, c’est la note qui parle. Et là, le compte n’y est pas encore. Fitch maintient la BIDC à « B », Moody’s à « B2 ». Les deux avec perspective stable, les deux en catégorie spéculative. Ces évaluations ont été réaffirmées lors de l’assemblée des gouverneurs d’avril 2026. Fitch est précis : avant d’envisager un relèvement, il faudra que la croissance du portefeuille ralentisse et que les ratios de capital reprennent leur souffle. Tripler un portefeuille en cinq ans, c’est une performance.
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Mais pour une banque de développement qui lève des fonds sur les marchés, une note en catégorie spéculative reste un frein réel au coût de refinancement. L’entrée récente de la Banque africaine de développement au capital de la BIDC, en qualité de premier actionnaire institutionnel, change potentiellement la donne. Mais potentiellement seulement. Tout dépendra de ce que cela génère concrètement en fonds propres et en crédibilité auprès des investisseurs.
Pour les cinq prochaines années, la stratégie s’appelle GRO : Croissance, Résilience, Optimisation. Infrastructures, résilience climatique et alimentaire, gestion des risques resserrée. Le tout avec un mandat politique particulier. Sur décision de la Conférence des chefs d’État, la banque continue d’intervenir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, malgré leur départ de la CEDEAO. Un rôle de pont là où l’intégration régionale se fissure.
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