« Chat noir » : Apoutchou National visé par une plainte
L’influenceur Apoutchou National dans le viseur des féministes ivoiriennes. Ses déclarations au détour d’un live de solidarité vont le conduire devant la justice. Il est accusé d’avoir banalisé l’agression sexuelle subie par une jeune dame dans un contexte communément appelé « chat noir ». Apoutchou National a même fait des aveux personnels sur cette situation. Vu la tournure que ses propos ont prise, il a présenté ses excuses, mais c’était visiblement déjà trop tard.
Côte d’Ivoire : les féministes portent plainte contre Apoutchou National
« Nous tous on a fait chat noir dans notre », ses propos émanent d’Apoutchou National dans un live Facebook suivi par des milliers d’internautes, alors qu’il recevait une jeune dame qui se plaignait des mêmes faits. Les déclarations d’Apoutchou National ont suscité la colère dans le rang des féministes. Ils ont décidé de passer à l’action pour protester contre les propos de l’influenceur. « On a porté plainte contre l’influenceur ivoirien Apoutchou National. Nous, la Coalition des organisations et militantes féministes de Côte d’Ivoire, a confirmé une porte-parole de l’organisation. Pour la Coalition, les propos d’Apoutchou National banalisent le viol et il doit s’expliquer devant la justice.
Lire aussi : Côte d’Ivoire : 841 cas de viol enregistrés en 2025
Le chat noir est beaucoup trop banalisé. Même le fait qu’on dise le chat noir, on emploie pas le mot viol. Il faut donc apprendre à dire que j’ai subi un viol.
Au micro de Brut Afrique, la porte-parole de la Coalition des organisations et militantes féministes de Côte d’Ivoire explique la réalité cachée derrière l’appellation « chat noir ». « Généralement c’est la personne qui est au pouvoir dans le foyer et c’est souvent un homme qui va attendre très tard dans la nuit, souvent vers 3 heures du matin, pour abuser d’une femme. Cette femme peut être une servante, la cousine, la nièce… »
Comme il est au pouvoir et que la personne vulnérable est une femme, elle est souvent dans une position où elle ne peut pas dire non. Et elle va se laisser faire en pensant que c’est normal. Par exemple, dans le cas d’une servante, ça va être son patron, elle pense que c’est normal et elle ne va pas en parler forcément. Elle ne sait donc pas qu’elle a subi un abus sexuel et comme c’est banalisé, elle va vivre avec. Souvent ça crée des traumatismes et elle ne sait pas pourquoi ça lui est arrivé.
Lire aussi : Apoutchou National et Leonel PCS déposés en prison
À travers cette action en justice, la Coalition des organisations et militantes féministes de Côte d’Ivoire entend sonner la mobilisation contre ce phénomène présent dans plusieurs foyers. Apoutchou National étant une personne très suivie sur les réseaux sociaux, le risque que le « chat noir » soit banalisé à travers ses propos est élevé.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
Voir ses 847 articlesArticles similaires
Côte d’Ivoire : la petite mine légale affronte les réseaux clandestins
La Côte d’Ivoire orchestre une offensive économique majeure pour structurer sa filière aurifère artisanale face à l’expansion destructrice des exploitants illégaux. Le Groupement des artisans…
Côte d’Ivoire : deux femmes intègrent l’élite des affaires en Afrique
Côte d’Ivoire enregistre une progression majeure de son influence managériale au sein des plus grandes instances financières et industrielles du continent africain. Le dernier rapport…
Côte d’Ivoire : Sansan Hien expose la trajectoire de la dette publique
Sansan Hien annonce officiellement une refonte majeure des indicateurs de la politique budgétaire nationale face aux bailleurs de fonds internationaux. Le Directeur général de l’Économie…