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Côte d’Ivoire : la petite mine légale affronte les réseaux clandestins

Régis BOCO
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Côte d'Ivoire : la petite mine légale affronte les réseaux clandestins
Côte d’Ivoire : la petite mine légale affronte les réseaux clandestins

La Côte d’Ivoire orchestre une offensive économique majeure pour structurer sa filière aurifère artisanale face à l’expansion destructrice des exploitants illégaux. Le Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire appelle à accélérer la formalisation des petites mines pour assécher les flux financiers de l’orpaillage clandestin.

Côte d’Ivoire : l’offensive budgétaire du GRAMCI

L’organisation professionnelle a publié un manifeste ce vendredi 28 août 2026 pour imposer la légalité comme l’unique alternative viable au pillage des ressources. Les données comptables valident la rentabilité de ce modèle avec l’exemple de la mine semi-industrielle de Koun-Fao gérée par la firme Eburnie Gold Fields. Ce site pilote emploie 20 salariés permanents et plus de 80 journaliers au cœur des provinces de l’Est.

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Les états financiers certifient le versement de 300 millions de francs CFA d’impôts directs cumulés à 200 millions au titre de la taxe ad valorem depuis 2022. La structure a injecté 375 millions de francs CFA dans les infrastructures communautaires et alloué 180 millions pour la restauration des sols. Ces montants prouvent la force économique d’un encadrement légal en zone rurale.

Le groupement syndical s’oppose fermement à l’instauration d’un moratoire généralisé sur l’extraction aurifère. « Une suspension indistincte frapperait en premier lieu les opérateurs légalement installés », a martelé le porte-parole des artisans miniers. Une interruption totale pénaliserait les entreprises formalisées sans détruire les réseaux criminels. L’association cite l’exemple de la région de la Mé. Les mineurs légaux y ont arrêté leurs chantiers en avril 2024. Cette coupure de deux ans n’a pas freiné l’orpaillage clandestin sur place. La structuration accélérée reste la seule arme efficace.

Le lourd bilan de la clandestinité

La pression exercée par les circuits informels s’est maintenue à un niveau critique malgré la multiplication des opérations de démantèlement sur le territoire. Le Conseil national de sécurité a présenté un bilan d’étape officiel le 23 juillet 2026. Les forces de l’ordre ont évacué plus de 8 500 sites illégaux et déféré 4 474 individus devant les tribunaux depuis 2021. Les travailleurs étrangers représentent 65 % de ces personnes poursuivies par la justice ivoirienne. Les brigades de répression ont confisqué 136 kilogrammes d’or brut et saisi plus de 960 millions de francs CFA en espèces.

Ce marché noir pèse lourdement sur la nature. Les sols des exploitations agricoles subissent des dégradations profondes tandis que les produits chimiques empoisonnent les nappes phréatiques. Ces bouleversements fonciers déclenchent des crises sanitaires directes au détriment des communautés villageoises. La fermeture forcée d’un site déplace souvent les clandestins vers de nouveaux périmètres non surveillés. Les artisans miniers estiment que la seule répression militaire ne suffit pas à régler ce problème structurel. L’orpaillage fournit des revenus directs à des milliers de foyers enclavés. La création d’emplois légaux doit concurrencer directement l’attractivité financière de la clandestinité.

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L’accélération des réformes d’intégration

Le ministère des Mines a intensifié sa stratégie d’encadrement en délivrant plus de 800 autorisations officielles au cours des trois dernières années. Ce volume d’attributions administratives surpasse les enregistrements comptabilisés sur l’intégralité de la décennie précédente. Le code juridique réserve l’activité minière artisanale aux seuls citoyens nationaux. La formalisation permet d’insérer les populations locales dans la chaîne de valeur. Les exploitants doivent se regrouper en coopératives et suivre des formations techniques. Le suivi administratif garantit la traçabilité des minerais de l’extraction jusqu’à la revente finale.

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Les campagnes de sensibilisation se succèdent depuis décembre 2023 dans les districts des Savanes, des Lacs et des Lagunes pour encadrer les chefs traditionnels. Une session s’est tenue en juin 2026 à Séguéla pour intégrer les coopératives du Bafing, du Béré et du Worodougou. Les élus locaux et les mouvements de jeunesse participent à ces vagues d’information. La production déclarée apporte des ressources fiscales directes pour le budget national. La politique minière nationale doit choisir entre la réduction de la filière et sa structuration massive. Le GRAMCI soutient la seconde option pour capter la richesse aurifère.

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Le GRAMCI appelle à intensifier la formalisation des petites mines en Côte d’Ivoire pour concurrencer économiquement l’orpaillage clandestin. Le site de Koun-Fao prouve l’utilité du secteur légal en générant 500 millions de francs CFA de taxes. Le Conseil national de sécurité a fait évacuer plus de 8 500 sites illégaux depuis 2021.

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