Côte d’Ivoire : à Mankono, la Mairie dénonce un déguerpissement forcé
En Côte d’Ivoire, la Mairie de Mankono s’oppose aux opérations précipitées de déguerpissement lancées le 14 mai et qui visent des habitations et des magasins. Les autorités locales disent avoir été surprises de constater les machines à l’œuvre. Malgré le signalement fait auprès des forces de l’ordre l’opération n’a pas été stoppée. La mairie dénonce des « démolitions non autorisées » en violation des résolutions prises à l’issue de la réunion officielle tenue à la préfecture de Mankono le jeudi 30 avril 2026.
Côte d’Ivoire : la Mairie de Mankono alerte sur les risques de tensions suite à un déguerpissement « non autorisé »
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’aménagement en 2×2 voies de la ville de Mankono, une opération de déguerpissement est préconisé pour libérer les emprises. Au cours d’une réunion organisée à la préfecture en présence du préfet de la région du Béré, du Conseil régional, de la Mairie de Mankono, de l’Ageroute, de l’entreprise MSSZ chargée des travaux, le cabinet Elite Corporate Consulting, ainsi que les chefs de service, forces de défense et de sécurité, autorités traditionnelles et associations locales, trois décisions majeures avaient été prises.
Lire aussi : Déguerpissement : Tidjane Thiam refuse la récupération politique
Les participants à cette séance ont décidé de « la mise en place d’un comité restreint de pilotage incluant les acteurs institutionnels et techniques, du démarrage des travaux de libération des emprises dès le 13 mai 2026, limité aux bâtiments administratifs et du report des opérations de démolition des habitations et magasins après les examens de fin d’année et les festivités de la Tabaski, en raison notamment de la non-indemnisation des populations impactées ». Conformément à ce point, aucune opération de déguerpissement ne doit donc viser les habitations et les magasins avant la fin des examens et des festivités de la Tabaski.
Contrairement à ces résolutions, la mairie a constaté dès le 14 mai, que des « habitations et magasins ont été détruits ». « Alertée, la cheffe de projet Ageroute a affirmé n’avoir donné aucune instruction en ce sens. Plus grave encore, l’entreprise MSSZ a déclaré ne pas reconnaître la machine utilisée pour ces travaux », a rapporté la mairie. « Face à cette situation, le 1er adjoint au maire a saisi le commissariat de police afin de stopper ces actes, mais les démolitions se sont poursuivies jusqu’à la fin de la journée ».
Lire aussi : Déguerpissement à Abidjan : une « guerre contre les pauvres », regrette Pulchérie Gbalet
La mairie de Mankono dénonce des actes d’incivisme
Pour la Mairie de Mankono, il s’agit simplement et purement « d’actes d’incivisme orchestrés par des individus tapis dans l’ombre, agissant en toute impunité contre les décisions des autorités compétentes ». Les autorités municipales se désolidarise de cette opération de déguerpissement et alerte sur les risques de tensions. La Mairie réaffirme son engagement à accompagner la réalisation du projet routier dans le respect des engagements pris, afin de préserver le climat social et garantir la réussite de cette infrastructure stratégique pour Mankono et toute la région du Béré.
Rédigé par
Cochimau HOUNGBADJIJournaliste l Analyste Politique l Animateur Web TV l Web journaliste - Spécialiste référencement SEO l Passionné de la Com digitale l Certification Google : Fondamentaux du Marketing Numérique.
Voir ses 2492 articles