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D’Abuja à Agboville : Un réseau de trafic d’être humains à des fins de prostitution devant le PPEF

Mael Espoir
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D’Abuja à Agboville : les dessous d’un réseau présumé d’exploitation sexuelle
D’Abuja à Agboville : les dessous d’un réseau présumé d’exploitation sexuelle

Pour trafic d’être humains à des fin de prostitution, une femme d’origine nigériane nommée Bright Abraham, connue sous le pseudonyme « Sexy », a comparu jeudi 30 avril devant le tribunal du Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan.

Agboville : Bright Abraham accusée de trafic d’être humains à but de prostitution

Placée sous mandat de dépôt depuis le 9 octobre 2025, Bright Abraham est accusée d’avoir mis en place un système d’exploitation de jeunes femmes, selon les éléments de l’enquête présentés par le ministère public. À l’origine de la procédure, une plainte déposée par l’une de ses compatriotes, identifiée comme Godness.

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D’après le procureur, la plaignante affirme avoir été approchée au Nigeria par Bright Abraham, qui lui aurait proposé un emploi « honorable et bien rémunéré » en Côte d’Ivoire. Son voyage aurait été entièrement financé par la mise en cause. Mais une fois arrivée à Abidjan, la jeune femme aurait été conduite dans une maison close située à Agboville, où elle aurait été contrainte de se prostituer afin de rembourser une dette fixée à 2 millions de francs CFA.

Toujours selon le procureur, la victime aurait exercé cette activité sous contrainte pendant plusieurs mois. À noter qu’elle versait près de 200 000 francs CFA à sa présumée recruteuse avant de parvenir à s’enfuir. Elle aurait ensuite trouvé refuge auprès d’une autre ressortissante nigériane à Abidjan. Cette dernière aurait également déclaré avoir été victime de ce système. Elle n’aurait retrouvé sa liberté qu’après avoir remboursé la totalité de la somme exigée par « Sexy ».

Bright Abraham rejette les accusations

À la barre, Bright Abraham a rejeté en bloc toutes les accusations. Elle dit connaitre la plaignante pour avoir travaillé dans le même club à Agboville, mais elle affirme n’avoir jamais fait venir cette dernière en Côte d’Ivoire, ni organisé un quelconque réseau d’exploitation d’être humains à titre de prostitution. Elle affirme résider en Côte d’Ivoire depuis seulement six mois et conteste toute capacité à mettre en place un tel trafic de prostitués. Selon ses dires, ces accusations seraient liées à un différend personnel avec la plaignante.

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Le procureur, pour sa part, a estimé les faits suffisamment établis et a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme à l’encontre de la prévenue. Les services du Procureur ont en effet enquêté sur l’affaire et trouver des preuves qui confortent la position du ministère public.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 28 mai prochain. En attendant cette décision, Bright Abraham demeure en détention. Selon notre correspondant au PPEF, plusieurs autres filles pourraient se joindre à la procédure contre Mlle Bright Abraham. À ce jour, la justice ignore le nombre exact de filles utilisées dans ce trafic.

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