Liberté de la presse : où se situe l’AES en 2026 ?
La liberté de la presse est en chute dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Burkina Faso, le Niger et le Mali n’ont pas été bien logés dans le dernier classement de Reporters sans frontières (RSF). Selon le rapport, la situation dans ces trois pays se dégrade de plus en plus depuis la série de coups d’Etat.
AES : la liberté de la presse dégringole
Dans le classement 2026 de RSF, le Burkina Faso est le mieux noté de l’Alliance des États du Sahel. Classé 110ᵉ dans le classement mondial, le Burkina Faso a perdu 5 places avec un score de 48,52. Dans le classement 2025, le pays a occupé la 105ᵉ place avec 52,25.
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Le rapport souligne que « la montée de l’insécurité et l’instabilité politique, liée aux deux coups d’État survenus en janvier et en septembre 2022, ont considérablement dégradé les conditions d’accès à une information plurielle et l’exercice d’un journalisme libre ». Alors que les autorités militaires invitent les journalistes à faire un « traitement patriotique », RSF estime que cette « consigne » « a pris le pas sur la possibilité d’exercer un travail journalistique rigoureux ».
Deuxième de l’AES, le Niger a perdu 37 places dans le classement 2026 de RSF. Niamey se positionne à la 120ᵉ place dans le classement mondial avec un score de 46,02 contre la 83ᵉ place avec 57,05 en 2025. « Le coup d’État de juillet 2023 a été le catalyseur d’importantes violations de la liberté de la presse dans le pays. L’environnement économique des médias s’est fortement dégradé », indique le rapport de RSF.
Le Mali, dernier de l’AES
119ᵉ en 2025, le Mali est classé 121ᵉ dans le classement mondial 2026 de RSF. Le pays a perdu 2 places et 2,6 points par rapport au précédent classement. Les difficultés sont similaires à celles relevées pour le Niger et le Burkina Faso. Dans son rapport, RSF indique que l’insécurité marquée par la menace terroriste, « conjuguée à l’instabilité politique, compromet l’accès des journalistes aux informations ».
La situation économique des médias dans l’AES
Comme dans la plupart des pays africains, la situation économique des acteurs des médias est précaire dans l’espace AES. Au Mali, RSF a constaté que « les journalistes et médias vivent dans une grande précarité, ce qui les rend vulnérables aux influences et à la corruption ». La baisse des recettes publicitaires et la suspension de l’aide publique à la presse sont évoquées comme les causes de cette situation.
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Au Niger, RSF constate que les médias publics sont bien logés par rapport aux médias privés. Les médias publics bénéficient du « soutien de l’État alors que les organes privés souffrent d’une grande précarité économique ». Au Burkina Faso, « les difficultés se sont accrues avec la crise sanitaire de la COVID-19, qui a entraîné une réduction drastique des recettes publicitaires. Les journalistes ont généralement peu de moyens et de matériels pour réaliser des reportages », a précisé RSF dans son rapport.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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