Pourquoi la Côte d’Ivoire reste vulnérable à l’industrie du tabac
L’indice mondial d’ingérence de l’industrie du tabac a livré ses chiffres au titre de l’année 2025. Dans le classement africain et mondial, la Côte d’Ivoire n’a pas véritablement progressé. Il lui reste plusieurs cases à cocher pour un meilleur positionnement dans le cercle des pays qui font une surveillance rigoureuse. Les rangs les plus élevés indiquent une faible ingérence de l’industrie du tabac. Cette ingérence se manifeste par un ensemble d’actions qui consistent à maintenir une forte consommation du tabac dans les pays malgré les risques sanitaires et les mesures de lutte.
Tabac : la Côte d’Ivoire alertée malgré ses efforts contre l’ingérence
Sur 20 pays africains évalués sur la surveillance en matière d’ingérence de l’industrie du tabac 2025, la Côte d’Ivoire occupe la 9ᵉ place. Dans le classement mondial, le pays est classé 29ᵉ sur 100. La Côte d’Ivoire est citée parmi les pays ayant fait des progrès pour protéger leurs politiques contre l’ingérence de l’industrie du tabac. Abidjan a notamment élaboré des textes pour renforcer son dispositif contre l’ingérence de l’industrie du tabac. Ces dernières années, les autorités ivoiriennes ont mené plusieurs actions pour renforcer le dispositif déployé contre l’ingérence de l’industrie du tabac.
Lire aussi : Côte d’Ivoire : vers une taxe record sur le tabac
De façon concrète, on peut noter l’augmentation des taxes sur le tabac passant de 49 % à 70 %. Cette décision a été prise malgré les pressions des magnats du tabac qui faisaient des propositions plus souples. Aucune activité n’a été rapportée ces dernières années au titre de la responsabilité sociétale des entreprises du tabac. A cela s’ajoute également la répression contre l’usage du tabac dans les lieux publics. Mais tout cela ne suffit pas encore. Selon le rapport, « la Zambie et la Côte d’Ivoire ont enregistré une nette détérioration » par rapport aux scores de 2023.
Pour sa première participation en 2021, la Côte d’Ivoire avait été classée 14ᵉ sur 80 pays évalués au plan international. Sa plus forte note a été obtenue sur l’indicateur 7 qui évalue les mesures empêchant l’influence de l’industrie. En 2023, alors que le score de l’indice mondial s’est établi à 48, la Côte d’Ivoire a été classée 21ᵉ sur 90 pays évalués.
La Côte d’Ivoire doit encore mieux faire
Pour Tall Lacina, coordonnateur général du Comité/Club Unesco universitaire pour la lutte contre la drogue et les autres pandémies (Clucod), des efforts restent à fournir. Il a surtout insisté sur la mise en application rigoureuse des dispositifs législatifs mis en place contre le tabac. « Le décret sur le conditionnement, adopté en 2022 et dont la mise en vigueur était prévue six mois après, ne l’est pas encore à cette date », a-t-il cité en exemple.
Des organisations de la société civile intervenant dans la lutte proposent la mise en place d’un comité international dont la mission sera de suivre de près les différentes interactions entre les gouvernants et l’industrie du tabac. À son tour, African tobacco control alliance (Acta), par la voix de Deowan Mohee, propose l’implication des médias, le renforcement des capacités des membres de la société civile et des gouvernants, le suivi de la mise en œuvre des politiques, la protection des politiques contre les intérêts de l’industrie du tabac.
Ce que dit le rapport sur le cas de l’Afrique
Les conclusions du rapport 2025 sur la situation en Afrique avec les 20 pays évalués ne sont pas reluisantes. Le rapport révèle une tendance qui inquiète l’Alliance africaine pour la lutte antitabac (ATCA). On note l’ingérence persistante de l’industrie du tabac dans l’élaboration des politiques de santé publique. Le rapport souligne que cet état de choses « constitue une menace directe pour la santé, la souveraineté et l’avenir des actions ».
Lire aussi : Côte d’Ivoire: Comment le ministre Pierre Dimba veut lutter contre la toxicomanie
En Zambie par exemple, l’indice indique que l’adoption du projet de loi sur la lutte antitabac a été reportée alors qu’elle était attendue depuis très longtemps. « Tout aussi alarmante est l’approbation généralisée des activités de responsabilité sociale des entreprises (RSE) menées par l’industrie du tabac dans des pays comme le Nigéria, la Tanzanie et la Zambie. Selon l’indice, des représentants gouvernementaux ont publiquement fait l’éloge des compagnies de tabac et se sont associés à elles sur des initiatives allant de la rénovation d’écoles à des projets d’adduction d’eau », a déploré l’ATCA. Sur les 20 pays africains évalués, c’est le Botswana qui coche le plus de cases sur ses actions de lutte.
Rédigé par
Cochimau HOUNGBADJIJournaliste l Analyste Politique l Animateur Web TV l Web journaliste - Spécialiste référencement SEO l Passionné de la Com digitale l Certification Google : Fondamentaux du Marketing Numérique.
Voir ses 2198 articles