Niger : Les tensions autour de la loi de finances 2018 s'accentuent

Des manifestants contre la loi de finances arrêtés par la police au Niger
Par David Yavo
Publié le 26 mars 2018 à 14:44 | mis à jour le 26 mars 2018 à 19:20

La loi de finances 2018 ne fait nullement pas l'unanimité au Niger. Une manifestation de protestation contre cette nouvelle loi s'est soldée par un affrontement entre forces de l'ordre et manifestants à Niamey. Trois organisateurs de la marche ont été arrêtés par la police.

Une loi de finances très controversée au Niger

L'adoption de la nouvelle loi de finances au dernier trimestre de l’année 2017 a engendré l’indignation de la population nigérienne. Cette nouvelle loi est taxée par les Nigériens d'accroitre le niveau de l'inflation dans un pays où le taux de pauvreté bat des records.

Ainsi, un collectif de la société civile et l’opposition sont montés au créneau pour manifester à Niamey et dans les grandes villes du pays afin de demander l’abrogation de cette loi. En dépit de l'interdiction de manifester pour « des raisons sécuritaires », les contestataires sont une fois de plus descendus dans les rues de la capitale nigérienne pour continuer leur mouvement de protestation.

Hassoumi Massaoudou, ministre des Finances de Mahamadou Issoufou, avait par ailleurs affirmé fin février que, contrairement à ce qu’avancent ses détracteurs, le budget 2018 ne contient « pratiquement aucune mesure » affectant « les campagnes », où vivent 80 % des 20 millions de Nigériens, en majorité pauvre.

Pour les manifestants, l'intérêt du peuple nigérien dépasse toute autre considération, mais les autorités sécuritaires l'entendaient d'une autre oreille. Il y a donc eu une vive altercation entre forces de l'ordre et marcheurs. Aux tirs de gaz lacrymogène de la police, les manifestants répliquaient par des jets de pierres.

Plusieurs manifestants, notamment Moussa Tchangari, Ali Idrissa et Nouhou Arzika, trois des principales figures de la société civile nigérienne, ont été interpellés à la suite de ces troubles.

Rappelons que le Niger est en proie aux attaques terroristes ces dernières années. Les terroristes pourraient donc profiter de cette fronde sociale pour perpétrer d'autres attaques. C'est donc la principale raison évoquée pour interdire les manifestations de rue.



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