Gouvernement ivoirien: 8 ans de pouvoir et que de promesses

le gouvernement ivoirien d'Alassane Ouattara a-t-il atteint ses objectifs?
Par NELSON ZIMIN
Publié le 12 mai 2019 à 13:25 | mis à jour le 12 mai 2019 à 13:25

Emploi jeune, santé, éducation, chômage sont les grands chantiers sur lesquels le gouvernement ivoirien d’Alassane Ouattara n’a pas convaincu les Ivoiriens. Entre chiffres pompeux et promesses de grandeur, la croissance reste théorique pour les Ivoiriens et les retombées pour un cercle de privilégiés. À l’aune de cette situation, le parti au pouvoir joue de tous les moyens pour se donner des chances de rester au pourvoir. Mais comment cacher le soleil avec la main ?

Gouvernement ivoirien : Une longue marche pour porter le RDR d’Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire

Nous sommes en septembre 2002 lorsque les Ivoiriens découvrent la guerre. Elle avait des visages qui l’assumaient et des mains qui lui avaient donné naissance. Guillaume Soro était le nouveau visage qui portait la responsabilité publique de la rupture des habitudes politiques en Côte d’Ivoire. Le pays avait connu de nombreuses grèves violentes, un coup d’État avec le Gal Robert Guéï suivi d’un régime militaire. Mais une rébellion, jamais de mémoire d’Ivoiriens des revendications politiques n’avaient été manifestées par des armes de guerre.

La suite des évènements montreront le RDR aux côtes de la rébellion par la nomination de cadres tels que Koné Mamadou, actuel président du Conseil constitutionnel, Louis-André Dacoury-Tabley, où l’actuel ministre de la Défense Hamed Bakayoko, qui avaient (Bakayoko et Dacoury-Tabley) intégré le gouvernement de réconciliation nationale de 2003 après les accords de Linas Marcoussis, avec Guillaume Soro comme Premier ministre. Le pas était franchi, une étape importante dans la marche du RDR vers le pouvoir venait de s’amorcer. Jusqu’en 2010, en passant par les élections reportées de 2005 dans un environnement devenu politico-militaire et très tendu, le RDR n’a pas relâché la pression.

À l’international, Alassane Ouattara manœuvre pour contraindre le gouvernement de Laurent Gbagbo à rendre éligibles tous les acteurs clés de la vie politique, frappés par des dispositions constitutionnelles, en son article 35. Il s’agit d’ Henri Konan Bédié et d’Alassane Ouattara lui-même. Chose que l’opposition politique et militaire obtient à Prétoria, lors de pourparlers sous l’égide du président Thabo M’Beki, aujourd’hui soutien important de Guillaume Soro.

L’actuel Gouvernement ivoirien a arraché de haute lutte sa place

Conformément à l’article 28 de la constitution ivoirienne de 2000, Laurent Gbagbo et le gouvernement font entorse à l’article 35 de cette dernière et rendent éligible Alassane Ouattara à l’élection présidentielle de 2010. Elle aura lieu, alors que la rébellion toujours en arme et sous le contrôle d’un Guillaume Soro maîtrisant la moitié nord du pays, sera incorporée au dispositif de sécurisation du processus électoral au sud du pays. Coup de chapeau de maître, pour le roi des amateurs en stratégie de défense ou pour le stratège en fragilisation des positions de l’adversaire ? Difficile de le dire, mais Alassane Ouattara prend des marques pour garantir sa victoire. Au moment de la proclamation des résultats, tout se révèle à travers une crise postélectorale qui se solde à coups de kalachnikov et de bombes. La communauté internationale mise à contribution, Alassane Ouattara est déclaré élu au grand dam d’un Laurent Gbagbo acculé qui forme dans la foulée un gouvernement. Mais celui-ci sera ignoré, bombardé et arrêté par la coalition forces française, forces rebelles devenues FRCI et de la coalition politique RHDP portée par le RDR d’ Alassane Ouattara. Après toutes ses années de lutte politique, militaire et diplomatique, le RDR a-t-il réalisé son dessein pour les Ivoiriens ?

Le gouvernement issu du RDR a-t-il tenu ses promesses après plus de 25 ans d’engament et de lutte ?

Huit années qu’un gouvernement issu du RDR est aux affaires en Côte d’Ivoire. Après toutes ces années de gestion, l’effet des solutions pour les problèmes des Ivoiriens se font encore attendre. Emploi jeune, santé, éducation, chômage sont les grands sujets sur lesquels le gouvernement d’Alassane Ouattara n’a pas convaincu les Ivoiriens. Entre chiffres pompeux et promesses de grandeur, la croissance reste théorique pour les Ivoiriens et les retombées pour un cercle de privilégiés.

Le gouvernement ivoirien et ses chiffres sur le chômage

À l’aune de cette situation, le parti au pouvoir joue de tous les moyens pour se donner des chances de rester au pourvoir, en préparant un Amadou Gon Coulibaly qui peine à convaincre par des actions d’éclat et des effets d’annonce. D’aucuns disent que le gouvernement travaille pour les Ivoiriens et que les chiffres montrent bien que le pays va bien. Mais personne ne semble croire au 2% de taux de chômage annoncé par le gouvernement et contredit par la Banque Africaine de Développement avec des chiffres qui tournent autour de 70% de taux de chômage. Sinon pourquoi pour un concours d’instituteurs qui requiert le niveau BEPC (brevet des collèges) l’on se retrouve avec des candidats avec des niveaux allant du BAC à la maîtrise, le BTS y compris ?


Plus de 120 000 inscrits pour un peu plus de 10 000 postes rémunérés à 100 000 FCFA (152 euros). Le gouvernement en a fait un programme de résorption du chômage (@AmadouGon). Quant aux infrastructures de santés, elles restent encore délabrées et sous-équipées ; le gouvernement a promis un plan de réhabilitation. L’accès à l’eau potable est une incertitude dans de nombreuses régions du pays, quand l’accès à l’énergie et à internet restent aux caprices des opérateurs. Le gouvernement qui a depuis peu adopté une posture de précampagne multiplie les communications.

Le gouvernement ivoirien et son bilan

Promesses et bilans séquentiels de son action pour engager les Ivoiriens à le reconduire en 2020. Entre temps, les ex-alliés PDCI RDA et la bande à Guillaume Soro s’activent pour ne rien faciliter au gouvernement sortant d’ Amadou Gon Coulibaly. La récente problématique de la formation du bureau de l’Assemblée nationale après l’éviction de Guillaume Soro du perchoir reste significative. Est-ce pour cela que tant de sacrifices ont été faits ? À part l’enrichissement excessif de quelques obligés et privilégiés du pouvoir, qu’a apporté tous ces sacrifices au ivoiriens, qui ayant payé cher la crise, continuent de souffrir des effets pervers d’une politique mal ajustée du gouvernement ?



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