20 millions à la veuve de Camara H Yêrêfê pour tourner le dos à Soro

La veuve de Camara H bénéficie des largesses du RHDP
Par NELSON ZIMIN
Publié le 11 novembre 2019 à 14:41 | mis à jour le 11 novembre 2019 à 19:29

C’était le 2 février 2003 que le corps sans vie, lesté de cinq balles de fusil d'assaut, de Camara H Yéréfé, 50 ans, avait été découvert par des passants sur la voie publique. Il sera l'une des premières victimes politiques de la crise ivoirienne. Militant du RDR au moment des faits, la disparition de l'artiste avait été politiquement exploitée par son parti, dont la proximité avec la rébellion sera établie plus tard. Laissant veuve et enfants, sa famille vient subitement, après 16 ans de vie dans le dénuement total, dans un sous quartier de la commune d'Abobo, de bénéficier des largesses du RHDP.

Aide à la famille de Camara H sur fond de récupération politique

Donner suite aux cris de cœur d'une mère à 12 mois d'une élection présidentielle, alors que la misère de sa famille, sue des dignitaires du RDR pendant 15 ans, est restée sans écho. Cette famille doit certainement valoir de l'or pour le RHDP, pour l'afficher comme un soutien de poids faisant défaut à Guillaume Soro.

De sources crédibles, l'on évoque plusieurs dizaines de millions, puis des avantages et emplois pour ses orphelins. Contactée par les services de la présidence de la République, l'une des filles de Camara H, Camara F., diplômée de l'ISTC a été coptée pour intégrer la télévision nationale.

Une famille enfin "réhabilitée" dans son militantisme aux frais du contribuable. 20 millions FCFA pour politiser le ralliement de la femme de l'homme qui a perdu sa vie pour le RDR.

Certainement l'une des conditions pour donner suite enfin à un cri de cœur longtemps ignoré par les pontes du pouvoir. Dans une interview en date du 6 février 2017, accordé à au confrère Info.ci, la veuve de Camara H, Sy Savané Nabintou révèle :

« Je vis à mon propre compte. Je suis une commerçante ambulante de sous-vêtements pour homme que je transporte sur la tête tous les jours. Depuis que je vis ici à Abobo, c’est ce que je fais pour vivre. C’est par la grâce d’Allah que je vis sinon ce n’est pas facile. Je ne bénéficie d’aucune aide. Même pas du RDR, la famille politique à laquelle appartenait mon mari ».

Avant de lancer un appel au président de la République, puis de faire des précisions: «Je demande au Président Alassane Ouattara de m’aider, ne serait-ce que pour améliorer mon commerce.... Avec mon beau-frère, j’ai été à la mairie d’Adjamé où travaillait mon mari, voir le maire d’Adjamé, Yssouf Sylla. Cette démarche n’a rien donné. J’ai rencontré le secrétaire général du RDR, Amadou Soumahoro ainsi que le maire d’Abobo le ministre Adama Toungara, sans suite ».


Aujourd'hui c'est chose faite, mais dans un contexte qui s'apparente à du chantage politique. À quelque chose malheur est bon ou d'une pierre deux coups, dira-t-on. Le RHDP, dans sa volonté de neutraliser l'ex PAN, ne veut laisser aucun centimètre carré à Guillaume Soro.

Même s'il faut pour cela débaucher des militants contre le rachat de passifs moraux. À la guerre comme à la guerre, la morale en politique ivoirienne est en vacances.