Mali: La Cour d'appel annule la procédure contre Boubou Cissé et Ras Bath

La Cour d'appel de Bamako annule la procédure judiciaire contre Boubou Cissé et Ras Bath
Par Eugène SAHI
Publié le 02 March 2021 à 19:19 | mis à jour le 02 March 2021 à 19:20

Au Mali, les mandats de dépôt visant Boubou Cissé et Ras Bath sont annulés par la Chambre d'accusation de la Cour d’Appel de Bamako qui ordonne donc la mise en liberté des 5 autres personnalités détenues. Les prévenus devraient sortir de prison dès ce mardi soir, selon les avocats de la défense.

La Cour d'appel de Bamako annule la procédure judiciaire contre Boubou Cissé et Ras Bath

La Chambre d’accusation de la cour d’appel de Bamako a prononcé l’annulation des procédures visant sept personnalités poursuivies pour « complot contre le gouvernement », a-t-on appris ce mardi, dans la presse locale.

« Aucun juge ne pouvait poursuivre un dossier pareil ! », Me Kassoum Tapo, avocat de l’ancien Premier ministre Boubou Cissé, le répétait depuis la reprise des audiences, ce matin du mardi 2 mars 2021. À l’annonce de la décision de la Chambre d’accusation de la cour d’appel de Bamako, l’avocat s’est dit « soulagé » de l’annulation de la procédure et de la levée du mandat de dépôt dans la procédure de complot contre le gouvernement et d'association de malfaiteurs visant Ras Bath, ainsi que 4 autres prévenus. Ce dossier dans lequel l'ancien Premier ministre Boubou Cissé est cité était en délibéré depuis ce matin.

Affaire Boubou Cissé et Ras Bath: "Un dossier vide"

« C’était un dossier vide, pour lequel on a voulu instrumentaliser la justice. Aujourd’hui, c’est la démocratie qui gagne. Espérons que cette décision fasse jurisprudence pour que plus personne ne soit détenu illégalement par la Sécurité d’État [les services de renseignements] », a réagi Boubou Cissé dans les minutes qui ont suivi le prononcé de la décision de la cour d’appel.

La justice malienne a inculpé jeudi 31 décembre 2020, six personnalités civiles pour tentative présumée de coup d'État. Selon leurs avocats, son nom a été officiellement cité dans le communiqué du procureur de la République de Bamako. Quatre mois et demi après le dernier putsch en date dans le pays en guerre, difficile de démêler les fils de cette nouvelle affaire.

Tout a commencé le lundi 21 décembre 2020 avec une série d'interpellations menées par la Direction générale des services de l'État (DGSE, le renseignement malien). Une semaine plus tard, alors que les arrestations se poursuivaient, le procureur de Bamako a enfin apporté des réponses dans cette affaire particulière au regard de la personnalité des mis en cause et d'un contexte où l'on peut s'étonner d'une telle possibilité alors que les militaires, très forts dans cette transition, sont au cœur du pouvoir et donc du Renseignement.

« À la suite d'une dénonciation des services de sécurité faisant état de faits d'atteinte à la sûreté de l'État, une enquête préliminaire a été ouverte au niveau du Service d'investigations judiciaires (SIJ) de la gendarmerie nationale », avait fait savoir le procureur de Bamako, Mamoudou Kassogué.

En dehors de Boubou Cissé, la justice a écroué Mohamed Youssouf Bathily dit « Ras Bath », militant, polémiste et animateur radio aux nombreux sympathisants ; Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU), organisation de paris sur les courses de chevaux et de jeux de hasard ; Aguibou Tall, responsable d'une agence œuvrant à l'accès aux télécommunications, demi-frère de Boubou Cissé ; et deux hauts cadres du Trésor public (Finances de l'État), Mamadou Koné et Souleymane Kansaye.

Le juge a ordonné leur placement sous mandat de dépôt. Boubou Cissé avait formellement démenti le 23 décembre 2020 toute implication dans un projet de déstabilisation. « Je tiens à prendre l'opinion nationale et internationale comme témoins de cette odieuse tentative de jeter le discrédit sur ma personne et l'idéal politique que je suis supposé incarner : je ne suis ni directement ni indirectement, de quelque manière que ce soit, associé à un projet de déstabilisation des institutions de mon pays, et je défie quiconque d'en apporter la preuve contraire », avait-il écrit sur sa page Facebook.

Le 24 décembre 2020, des hommes armés non identifiés ont fouillé son domicile à Bamako en son absence, selon ses avocats. Depuis, l'ancien Premier ministre, qui n'a pas été incarcéré, est « resté introuvable » selon le parquet. Aux dernières nouvelles, il est présumé se trouver toujours à Bamako. Boubou Cissé et Ras Bath




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