Côte d’Ivoire : 06 Burkinabè poursuivis pour orpaillage illégal à Grand-Lahou
Dix jeunes gens, dont six Burkinabè, placés sous mandat de dépôt depuis le 5 juin 2025 pour orpaillage illégal, ont comparu ce jeudi 7 mai 2026 devant le tribunal du Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan. Ils sont poursuivis pour prospection, recherche, exploitation ou commercialisation illégale de pierres et métaux précieux, ainsi que pour blanchiment de capitaux.
Côte d’Ivoire : des prévenus risquent jusqu’à 24 mois d’emprisonnement pour orpaillage illégal
Les prévenus encourent jusqu’à 24 mois d’emprisonnement ferme assortis d’une amende de 50 millions de FCFA pour orpaillage illégal. C’est en tout cas ce qu’a demandé le représentant du ministère public dans ses réquisitions. Parmi les accusés figurent six ressortissants burkinabè ne comprenant pas le français. Face à cette difficulté linguistique, le tribunal a dû faire appel à une interprète parlant le Moré afin de faciliter les échanges au cours de l’audience.
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À la barre, l’un des prévenus, Kolago Tasséré, a expliqué les circonstances de leur arrivée en Côte d’Ivoire, plus précisément dans un campement situé dans le département de Grand-Lahou, où se tenait l’activité d’orpaillage. Selon ses déclarations, ils auraient été recrutés au Burkina Faso par un homme nommé Yaya.
« C’est à la gare qu’il nous a dit qu’on venait faire de l’orpaillage. Il a promis que si le travail finissait, chacun recevrait 50 000 FCFA par semaine. Nous avons travaillé seulement trois jours avant que les forces de l’ordre ne viennent nous arrêter sur le site », a-t-il relaté par l’entremise de l’interprète. Les six Burkinabè ont également cité le nom de Bacinga Ibrahim comme étant la personne chargée de leur fournir de l’eau sur le site d’exploitation clandestine.
La défense dénonce l’absence du principal présumé organisateur du réseau
Les investigations ont ensuite conduit à l’arrestation de Sangaré Sékou, présenté comme le propriétaire de la plantation dans laquelle se déroulaient les activités illégales d’orpaillage. Devant le tribunal, ce dernier a révélé l’existence d’un contrat conclu avec un certain Aouélé pour l’exploitation du site. Selon lui, Aouélé lui aurait assuré détenir toutes les autorisations nécessaires pour l’extraction de l’or.
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Le contrat prévoyait notamment la construction d’un hôpital et d’un château d’eau dans la localité concernée. Et de plus, Sangaré Sékou, qui se présente comme chef de campement, devait percevoir 10 % des revenus issus de la vente de l’or extrait de son terrain. Il a indiqué ne pas savoir qu’il s’agissait d’une activité illégale.
Alors que le parquet estime les prévenus coupables des faits qui leur sont reprochés, l’avocate de Sangaré Sékou a dénoncé l’absence du nommé Aouélé dans cette procédure judiciaire. Selon la défense, son client aurait fourni aux enquêteurs toutes les informations permettant d’identifier ce dernier, présenté comme un important commerçant de Grand-Lahou connu sous le surnom de « le boss ».
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L’avocate soutient que Sangaré Sékou, ne sachant ni lire ni écrire, aurait été manipulé et trompé par Aouélé, qui n’aurait jusque-là fait l’objet d’aucune interpellation. Elle a ainsi plaidé la non-culpabilité de son client. Le verdict du tribunal est attendu à la date du 28 mai prochain.