Au Niger, des militaires ont été arrêtés après une «tentative de coup d’Etat» dans la nuit de mardi et mercredi dans les environs de la Présidence de la République.

Mohamed Bazoum essuie une tentative de coup d’Etat avant son entrée en fonction

«Des tirs nourris», y compris à «l’arme lourde», ont été entendus dans la nuit de mardi à mercredi dans le secteur de la présidence à Niamey, ont indiqué des riverains à l’AFP.

«C’était vers 03h00 (02h00 GMT), nous avons entendu des tirs d’armes lourdes et légères et cela a duré quinze minutes avant de cesser, suivis de tirs à l’arme légère, tout a ensuite cessé», a raconté un riverain du quartier du Plateau à Niamey qui abrite les bureaux et la résidence présidentielle.

«Les tirs ont duré une vingtaine de minutes», selon un autre témoin. «Les tirs étaient intenses, il y avait des armes lourdes et des armes légères», a témoigné un autre riverain.

«Il y a eu des arrestations parmi les quelques éléments de l’armée qui sont à l’origine de cette tentative de coup d’Etat. Ce groupe de militaires n’a pas pu s’approcher du palais présidentiel lorsque la Garde présidentielle a riposté», a indiqué cette source.

Ces événements interviennent à la veille de l’investitutre prévue jeudi à Niamey du nouveau président élu Mohamed Bazoum, très proche du chef de l’Etat sortant Mahamadou Issoufou.

Mohamed Bazoum, le dixième chef de l’État du Niger contesté

La Cour constitutionnelle nigérienne a confirmé, dimanche 21 mars, l’élection du candidat du pouvoir Mohamed Bazoum comme nouveau président du Niger avec plus de 55 % des suffrages. Il devrait prendre officiellement fonction le 2 avril.

Mohamed Bazoum, 61 ans, devient le dixième chef de l’État du Niger, pays aride très pauvre et ex-colonie française indépendante en 1960. Cinq de ces dix présidents sont des militaires issus d’une série de coups d’État, que le pays a connus entre 1974 et 2010. Mahamane Ousmane, pour sa part, conteste ces résultats et a revendiqué sa victoire avec 50,3 % des voix.

Peu après l’annonce par la Céni le 23 février des résultats provisoires donnant Mohamed Bazoum vainqueur, des manifestations avaient éclaté dans plusieurs villes du pays dont la capitale Niamey. Plusieurs pillages et destructions de biens publics et privés avaient été commis. Ces troubles se sont poursuivis pendant deux jours, faisant deux morts et plusieurs blessés. Plusieurs centaines de personnes avaient été arrêtées.

Dans la capitale Niamey, la marche prévue mercredi par l’opposition a été interdite mardi par les autorités. L’histoire du Niger, pays sahélien parmi les plus pauvres du monde en proie à de récentes attaques djihadistes particulièrement meurtrières, est jalonnée par les coups d’Etat. Le dernier date de février 2010 et avait renversé le président Mamadou Tandja.