Simone Gbagbo n’a pas à craindre la CPI, le dossier monté est faible
L’ex-avocat israélien de Charles Blé Goudé, Me Nicholas Kaufman, juge « insoutenables » les charges retenues contre Simone Gbagbo, l’ex-première dame ivoirienne accusée de crimes graves devant la Cour pénale internationale (CPI).
CPI : « Plus rien ne devrait justifier les poursuites engagées contre Simone Gbagbo »
Dans un entretien accordé au média Ivoire Courrier, l’ ex-Conseil de Charles Blé Goudé, a évoqué la situation judiciaire de Simone Ehivet Gbagbo, visée par un mandat d’arrêt international lancé par la Cour pénale internationale. À en croire cet avocat inscrit régulièrement au barreau de la CPI, plus rien ne devrait justifier les poursuites engagées contre l’épouse de l’ex-président ivoirien. Me Nicholas Kaufman fonde en effet son jugement sur la finalité de l’ affaire Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, acquittés à mi-parcours des faits graves de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
« J’ai parlé avec Me Rodrigue Dadjé et je l’ai exhorté à contacter le procureur en vue de le persuader de demander aux juges de la CPI de retirer le mandat d’arrêt contre sa cliente Mme Simone Gbagbo. Je ne pense pas que l’affaire contre Madame Simone soit désormais soutenable au vu de la finalité de l’affaire contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé« , a-t-il fait savoir. « À mon avis, cependant, la bonne décision pour un honorable procureur serait de mordre la balle et de demander le retrait des charges retenues contre Mme Simone Gbagbo en raison de la faiblesse inhérente du dossier contre elle. J’ai lu chaque élément de preuve contre Mme Simone Gbagbo au cours de mon ancienne représentation de Charles Blé Goudé et je suis convaincu que le dossier contre elle est tout aussi insoutenable », a-t-il conclu.
À l’instar de son époux Laurent Gbagbo, récemment blanchi par la juridiction internationale, l’ex-première Dame est vue comme coauteur indirect de quatre chefs d’accusation de crimes contre l’humanité qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences postélectorales en Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011, à savoir: meurtres, viols et d’autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains.
La Côte d’Ivoire refuse depuis 2013, de transférer l’ex-première dame devant la Cour pénale internationale. Le pays soulève une exception d’irrecevabilité, en invoquant des procédures qui auraient lieu pour la même personne et pour les mêmes faits au niveau national. Une exception rejetée par la Cour qui déclare bel et bien recevable, l’affaire à l’encontre de Simone Gbagbo.
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