Abidjan : actualité ivoirienne, la Côte d'Ivoire en live

Côte d’Ivoire : 20 personnes arrêtées pour orpaillage illégal à Issia

Cochimau HOUNGBADJI
Partager :
Côte d'Ivoire : 20 personnes arrêtées pour orpaillage illégal à Issia
Côte d’Ivoire : 20 personnes arrêtées pour orpaillage illégal à Issia

De nouvelles personnes tombent dans les mailles de la police en Côte d’Ivoire pour orpaillage illégal. Une énième opération qui témoigne de l’ampleur de la situation. Selon le point de la gendarmerie, vingt personnes (20) ont été interpellées au cours de l’opération qui s’est déroulée dans le département d’Issia.

Côte d’Ivoire : la gendarmerie détruit des sites d’orpaillage illégal à Issia

Malgré la répression menée par les autorités compétentes, les contrevenants ne démordent pas. Ils ne reculent pas et enfoncent le clou chaque jour. Le 4 juin 2026, l’escadron de gendarmerie mobile de Daloa et la brigade territoriale d’Issia ont mené une opération coup de poing. Une intervention d’envergure qui a permis de détruire une énième fois un site d’orpaillage illégal.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : des sites d’orpaillage illégal détruits

Le bilan de l’opération est lourd. La gendarmerie décompte quatre sites d’orpaillage illégal déguerpis dans les localités de Juleskro et de Namané, dans le département d’Issia. « Au cours de cette intervention, les gendarmes ont interpellé 20 individus et détruit plusieurs équipements utilisés pour l’extraction illégale de l’or. Parmi le matériel détruit figurent 18 concasseurs, 28 motopompes, 2 motocyclettes et plusieurs abris de fortune ».

L’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, un fléau à la peau dure

Dans un entretien récemment diffusé sur RTI, le ministre ivoirien de l’Environnement, Abou Bamba, n’a pas caché son agacement face à l’ampleur de l’orpaillage illégal. Il a alerté sur le nombre élevé de dossiers impliquant des orpailleurs illégaux. « C’est par centaines qu’on les interpelle. C’est tous les jours que des orpailleurs sont arrêtés. Si vous voulez savoir comment ces gens sont traités au niveau du parquet, allez au pôle pénal économique et financier. Ces individus sont jugés en groupe, ils encombrent nos parquets, ils encombrent nos centres de détention », a-t-il lancé.

Depuis 2021, le gouvernement a pris les taureaux par les cornes en mettant en place un dispositif de lutte. Le 1ᵉʳ juin 2021, le Conseil national de sécurité a décidé de la création d’un groupement spécial de répression de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Ce groupement a été créé par la mise en place d’une force mixte de 560 éléments dont 460 gendarmes et 100 agents des eaux et forêts. Dès qu’il a été lancé, le groupement a frappé sur plusieurs sites illégaux pour faire reculer l’orpaillage illégal.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : la justice confrontée à l’afflux de prévenus burkinabè dans des affaires d’orpaillage clandestin

Ses actions les plus phares sont celles intervenues en 2022 à Gadouman et Loufan, dans la région du Poro, ainsi qu’à Tchamé, sur le fleuve Comoé dans la région du Tchologo. Dans ces opérations, 2 298 sacs de minerais ont été saisis, 19 concasseurs et 102 abris détruits. À Tchamé, dans le département de Kong, 4 dragues installées clandestinement ont été détruites par la section nautique de l’unité spéciale en charge de la lutte contre l’orpaillage illégal. En 2025, la répression contre l’orpaillage illégal a abouti au déguerpissement de 233 sites illégaux et à la destruction de plus de 1 400 abris de fortune.

L’orpaillage illégal, un danger pour les écosystèmes ivoiriens

Au cours d’une conférence-débat tenue sur l’orpaillage illégal en avril 2026, le colonel Gnago Ni Guy Charbel, directeur régional des Eaux et Forêts de l’Indénié-Djuablin, a défini l’orpaillage illégal comme une exploitation aurifère menée en dehors du cadre règlementaire. Cette exploitation est menée sans autorisation et en violation des normes environnementales. Cette pratique est totalement contraire à l’orpaillage légal, qui lui repose sur la traçabilité, le respect des obligations environnementales, la fiscalité et la sécurité des travailleurs.

Sur le plan environnemental, il a insisté sur les dégâts causés aux écosystèmes. Il a cité la déforestation rapide, la destruction des habitats naturels, la pollution des cours d’eau par les produits chimiques, l’érosion et la dégradation des sols, ainsi que la perte de biodiversité. Ces impacts compromettent durablement les équilibres écologiques et menacent les moyens de subsistance des populations locales. Sur le plan financier, Stan Zézé, Président du Groupe Bloomfield Intelligence, a indiqué que « La Côte d’Ivoire perd chaque année environ 4 600 milliards de FCFA dans l’orpaillage illégal ».

Lire aussi : Côte d’Ivoire : 4 600 milliards FCFA annuels perdus dans l’orpaillage illégal

Quant aux actions menées contre le fléau, le colonel Gnago a évoqué le renseignement opérationnel, la surveillance du domaine forestier et la sensibilisation des communautés. Cependant, il a relevé plusieurs difficultés liées au manque de moyens logistiques, vastes zones à couvrir et risques sécuritaires pour les agents sur le terrain. Face à ces défis, il propose le renforcement des capacités opérationnelles des administrations, l’usage des technologies de surveillance comme les drones et les systèmes satellitaires, une meilleure coopération interservices et la formalisation de l’orpaillage artisanal.

Rédigé par

Cochimau HOUNGBADJI

Journaliste l Analyste Politique l Animateur Web TV l Web journaliste - Spécialiste référencement SEO l Passionné de la Com digitale l Certification Google : Fondamentaux du Marketing Numérique.

Voir ses 2451 articles

Articles similaires