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Côte d’Ivoire : le tourisme, une option économique confrontée à des obstacles

Régis BOCO
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Côte d'Ivoire : le tourisme, une option économique confrontée à des obstacles
Côte d’Ivoire : le tourisme, une option économique confrontée à des obstacles

En Afrique, le tourisme est un levier qui permet de transformer l’économie, mais le contraire s’observe en Côte d’Ivoire. Malgré les investissements consentis à travers la « Sublime Côte d’Ivoire », Abidjan ne se pointe pas encore au sommet.

Recettes touristiques : la Côte d’Ivoire absente du top 5 africain

Au cours de l’année 2025, le secteur touristique mondial a généré 2 200 milliards de dollars de recettes. Si l’Afrique n’en a recueilli qu’une part modeste, plusieurs nations du continent ont su se démarquer sur le marché. Le Maroc a ainsi engrangé l’équivalent de 11,5 milliards d’euros grâce à l’arrivée de 19,8 millions de visiteurs, hissant cette activité à 7,3 % de son PIB. De son côté, le Kenya a séduit 7,9 millions de vacanciers pour un chiffre d’affaires d’environ 3,84 milliards de dollars. En Égypte, les autorités visent l’accueil de 30 millions de touristes d’ici 2028, avec une augmentation proportionnelle des gains. Quant à la Côte d’Ivoire, elle se positionne au neuvième rang africain.

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Côte d’Ivoire : les recettes ne suivent pas l’allure normale

Le gouvernement ivoirien a lancé le plan « Sublime Côte d’Ivoire » avec un objectif qui est de faire du pays l’une des cinq premières destinations africaines. Des milliards de FCFA ont été investis dans les infrastructures et la promotion, mais les revenus manquent. Mais le retour sur investissement peine à se matérialiser. Les arrivées touristiques restent loin des niveaux qui vont permettre au secteur de peser significativement sur le PIB national. Pourquoi ? D’abord parce qu’Abidjan a longtemps structuré son offre hôtelière autour des voyageurs d’affaires.

Ce segment génère des recettes, mais il ne crée pas le volume nécessaire pour faire du tourisme un vrai levier économique. Les complexes de villégiature capables d’attirer des familles européennes ou américaines restent rares. Les liaisons aériennes intérieures, indispensables pour connecter les sites naturels aux flux touristiques, manquent encore. Ensuite, il y a le déficit de notoriété sur les marchés émetteurs. Le Maroc a mis deux décennies à construire son image touristique en Europe.

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Il a investi dans les liaisons aériennes directes, négocié avec les tour-opérateurs, financé des campagnes ciblées. Comme retour, les touristes français, espagnols et britanniques y vont par réflexe. La Côte d’Ivoire n’a pas encore atteint ce stade. Ce retard se traduit en chiffres manquants. Chaque point de PIB touristique non capté représente des centaines de milliards de FCFA qui n’entrent pas dans l’économie.

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Le non-développement des emplois dans l’hôtellerie, la restauration, le transport et l’artisanat constitue une opportunité sous-estimée pour un pays nécessitant de créer 250 000 postes formels chaque année. Bien que le programme « Sublime Côte d’Ivoire » soit une initiative pertinente, le décalage demeure flagrant entre les objectifs déclarés et les retombées réelles. Sans rentabilité mesurable découlant des investissements dans les infrastructures et du marketing international, l’industrie touristique demeure un atout majeur dont le pays peine à tirer profit.

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