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Côte d’Ivoire : l’hévéa diversifie ses revenus

Régis BOCO
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Côte d'Ivoire : l'hévéa diversifie ses revenus
Côte d’Ivoire : l’hévéa diversifie ses revenus

La Côte d’Ivoire transforme en profondeur les circuits de commercialisation de son secteur agricole afin de valoriser les sous-produits issus des grandes plantations de caoutchouc. Les responsables de la fédération professionnelle nationale ont validé le déploiement d’une filière de valorisation des semences végétales pour alimenter le marché international des biocarburants. Cette réorientation stratégique s’appuie sur des partenariats industriels solides avec les multinationales du secteur énergétique européen. Les coopératives rurales enregistrent de nouvelles rentrées d’argent grâce à la collecte systématique de matières premières autrefois délaissées en brousse. Cette dynamique commerciale consolide la diversification des revenus du monde paysan.

Eni Côte d’Ivoire accélère la collecte des semences industrielles

La filiale locale du groupe pétrogazier italien Eni a lancé les opérations de ramassage en partenariat avec les groupements agricoles de l’intérieur. Les acheteurs programment une collecte globale de 64 500 tonnes de marchandises au cours de la campagne actuelle. Cette projection représente une hausse de 2,4% par rapport aux statistiques de l’exercice précédent. Les volumes initiaux affichaient un plafond limité à 2 500 tonnes lors de la phase pilote lancée au cours de la saison 2023.

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Les transporteurs utilisent désormais une application numérique pour suivre la traçabilité des livraisons et valider les paiements des cargaisons. L’administration installe cinq gares de transit de proximité pour regrouper le fret et réduire les coûts de transport routier vers la capitale. Les techniciens prévoient l’installation d’unités de pressage pour extraire l’huile végétale directement dans les zones de production.

Le repli continu du prix d’achat au kilogramme

Les relevés comptables partagés par l’Agence ivoirienne de presse affichent un tarif réglementaire fixé à 72 francs CFA le kilogramme pour les planteurs. Ce barème enregistre un recul important par rapport aux 87 francs CFA accordés lors de l’ouverture du programme. Les acheteurs ont abaissé la rémunération à 80 francs CFA l’année dernière avant d’imposer la nouvelle grille tarifaire. La baisse cumulée atteint plus de 17,2% en raison de la révision des accords d’approvisionnement industriels. Ce recul constant de la valeur d’achat fragilise les économies familiales malgré la hausse spectaculaire des volumes récoltés dans les villages.

L’activité a généré une enveloppe globale de 6,87 milliards de francs CFA au terme de la précédente campagne annuelle. Les producteurs ont encaissé une part nette de 4,6 milliards de francs CFA après livraison des cargaisons. Les sociétés coopératives et les transporteurs routiers se partagent le reste des revenus de la filière pour couvrir les charges opérationnelles. Les paysans continuent de ramasser les graines au sol pour s’assurer une source de devises complémentaires dans un marché instable.

Le pari de l’huile végétale

Cette explosion des volumes de collecte met en relief la déconnexion flagrante entre l’augmentation des exigences de rendement industriel et la dégradation de la rémunération des forces de travail de l’intérieur. Le fait de multiplier les cargaisons de graines brutes vers les bioraffineries italiennes ne résout pas la baisse continue des revenus directs des petits exploitants agricoles. L’acheminement de la matière brute vers Abidjan puis vers l’Europe maintient les structures de base de la filière dans une dépendance exclusive envers les grilles tarifaires de la multinationale.

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La réussite de ce projet de diversification économique repose sur le passage immédiat de la simple collecte à la transformation artisanale locale en savonnerie. La fédération doit impérativement activer l’extraction de l’huile au sein de ses intellects centres de transit pour intercepter la valeur ajoutée. Les bénéfices de cette industrialisation décentralisée équilibreront les pertes subies sur le prix d’achat du kilo de graines.

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