FIF – Éléphants : Pépé, l’interview qui a tout cassé entre Diallo-Traoré ou dessous d’une rupture
Un silence qui valait engagement. Il se taisait. Mieux : il défendait Yacine Idriss Diallo contre ses détracteurs. Figure de NCI, Malick Traoré passait pour un soutien du président de la FIF. Ce passé donne son poids à sa rupture actuelle. Allié silencieux, personne ne le remarque. Allié parlant, tout le monde l’écoute.
L’interview de Pépé, point de bascule
La rupture a un déclencheur : Nicolas Pépé. L’entretien du joueur avec Malick Traoré, salué comme un beau coup journalistique, a rouvert la porte des Éléphants à un attaquant que l’on disait écarté. Certains parlaient même d’une mise à l’écart « à vie », affirmation non documentée.
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La parole de Pépé, portée par une vague d’opinions favorables, a contraint le staff et la présidence de la FIF à revoir leur position. Succès d’audience pour Traoré. Camouflet, en creux, pour Idriss Diallo. Selon plusieurs sources, c’est de cet épisode que date la fracture entre le président de la FIF, d’un côté, et le journaliste.
Le match France – Côte d’Ivoire, épreuve de force
La tension a culminé à Nantes, lors du match amical des Eléphants de Côte d’Ivoire face à la France. Selon nos informations, Diallo s’est opposé à la présence de Malick Traoré sur le dispositif médiatique. Il le soupçonne d’avoir voulu lui forcer la main sur la sélection de Pépé.
Autre soupçon, dans l’entourage du président : Malick Adam Tohé (premier vice-président de la FIF et candidat annoncé, mais non encore déclaré face à Diallo) a financé l’interview de réhabilitation de Pépé. Rien ne l’étaye matériellement. Mais des captures de partisans de Diallo, lors des discussions dans la période dans des groupes WhatsApp, suggèrent que Malick Traoré (MT) était au service de Malick Tohé.
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« Il n’en est rien. En voulant torpiller l’homme, ils ont poussé YID à se le mettre à dos. Aujourd’hui, ils disent qu’il se venge d’avoir été verrouillé », se désole un soutien de Diallo, resté aux États-Unis aux frais de la FIFA, loin des remous de la pré-campagne abidjanaise.
NCI avait acheté les droits du match pour 35 millions de FCFA. Face à la désignation de Traoré pour les coulisses, Diallo a menacé de résilier le contrat et de rembourser lui-même la somme, quitte à confier la retransmission à la RTI. L’anecdote montre un rapport de force brutal : l’institution peut traiter un partenaire média en variable d’ajustement. « Chaque détail compte », a prévenu Traoré. Désormais, le célèbre journaliste a décidé de ne plus se taire.
La riposte : viser le messager
Le camp Diallo a répliqué sur un terrain classique et commun à tous dans ce genre de bataille : le discrédit. Une vieille vidéo de Traoré dansant dans les vestiaires des Éléphants ressort. Ses détracteurs avancent une explication simple : il serait mécontent de la fin de ses privilèges. Lesquels ? L’accès aux joueurs, probablement, car personne n’évoque d’avantage financier versé par la FIF ou Diallo.
Traoré dénonce une manœuvre de diversion : s’attaquer au messager pour ne pas répondre au message, montrer le doigt pour ne pas voir la lune.
Chacun campe sur sa position. Une question traverse les deux camps : les arguments portent-ils sur la gouvernance du football ivoirien, ou sur ceux qui en parlent ?
Pendant ce temps, les principaux intéressés se parlent
Paradoxe de cette séquence : pendant que communicateurs et militants s’affrontent par réseaux interposés, Yacine Idriss Diallo et Malick Adam Tohé se parleraient directement, sans intermédiaire. Comme si de rien n’était. Chacun niant, au passage, être le commanditaire des coups portés en son nom.
Une vieille maxime, popularisée par l’ex-président Laurent Gbagbo, résonne : « quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer ». Les seconds couteaux s’écharpent ; les premiers, eux, gardent le contact. À moins de dix semaines du scrutin du 12 septembre 2026, les militants des deux camps feront bien de s’en souvenir. Et de se souvenir des élections passées.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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