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Gabon : bras de fer avec le FMI sur le montant réel de la dette

Régis BOCO
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Gabon : bras de fer avec le FMI sur le montant réel de la dette
Gabon : bras de fer avec le FMI sur le montant réel de la dette

En Afrique centrale, le gouvernement du Gabon poursuit des négociations financières tendues avec le Fonds monétaire international ce vendredi 25 septembre 2026 à Port-Gentil. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema accorde une audience officielle à la mission technique de l’institution multilatérale de Washington. Les deux parties cherchent à harmoniser la comptabilité publique après la publication d’un audit national sur les passifs de l’État.

Gabon : les chiffres de l’audit national abaissent la dette sous les critères CEMAC

Le ministère de l’Économie et des Finances révise substantiellement les statistiques de l’endettement souverain. Les conclusions des inspections comptables arrêtées le dimanche 13 septembre 2026 ramènent l’encours global à 9 524,643 milliards de francs CFA. Le montant initial de la dette publique se situait auparavant à près de 11 700 milliards de francs CFA. Cette contraction nette de 18,6 % représente une baisse statistique de 2 175,357 milliards de francs CFA. Cette décote ne provient pas de remboursements financiers réels.

Les techniciens ont procédé à des annulations de créances non justifiées, à des corrections de doubles comptabilisations et à un apurement des engagements hors bilan. Rapporté au Produit intérieur brut de l’année 2025 estimé à 13 822 milliards de francs CFA, le stock consolidé s’établit désormais à 68,91 % du PIB. Ce recalibrage permet à l’administration gabonaise de repasser sous le plafond de 70 % fixé par les critères de convergence budgétaire de la CEMAC.

Lire aussi : Gabon : malgré une croissance robuste, le FMI reste sceptique

Les exigences de Washington bloquent la validation définitive du bilan

La validation finale du profil financier reste suspendue à un accord de partage de données avec les équipes techniques du FMI. L’institution financière internationale réclame une justification stricte de ces écarts de calcul avant d’entériner le nouveau cadrage macroéconomique. Les analystes de Washington avaient déjà invité les autorités de Libreville à assainir la gouvernance des deniers publics dès le mois de mars 2026. L’arbitrage du FMI déterminera la notation du risque souverain du pays sur les marchés de capitaux régionaux. Les créanciers internationaux et les agences de notation surveillent cette certification pour évaluer la capacité de tirage et la prime de crédit de l’État gabonais.

Les dessous politiques d’un recalibrage financier sous haute tension

Ce grand nettoyage des livres de comptes gabonais illustre une reprise en main politique forte mais risquée de la part des autorités de transition. En sabrant plus de 2 100 milliards de francs CFA d’engagements douteux d’un simple trait de plume, Libreville s’offre une bouffée d’oxygène réglementaire immédiate vis-à-vis des critères de la CEMAC. Cette manœuvre purement technique peine pourtant à convaincre les inspecteurs tatillons de Washington.

Le FMI sait qu’une baisse comptable de 18,6 % ne remplace pas une stratégie réelle de désendettement ou une amélioration des recettes fiscales locales. L’enjeu de cette confrontation dépasse largement le cadre d’un simple duel de calculettes. Si le gouvernement échoue à documenter rigoureusement chaque annulation de créance, le pays s’expose à un blocage prolongé de ses tranches d’aide, une sanction qui dégraderait instantanément la signature du Gabon auprès des investisseurs privés du marché financier régional.

Lire aussi : Gabon : l’encours de la dette FMI chute à 247 milliards

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’est entretenu avec la délégation du FMI ce vendredi 25 septembre 2026 à Port-Gentil. Les discussions officielles ont porté sur l’évaluation de la «situation réelle» de l’endettement suite à l’audit national qui fixe la dette à 9 524,643 milliards de francs CFA.

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