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Abidjan : 5 cadres du PDCI convoqués, virage antiterroriste étonnant

Gary SOGNON
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Dia Houphouët Augustin, l'un des cadres du PDCI-RDA convoqués par la section antiterroriste
PPA-CI – PDCI-RDA : Dia Houphouët, semeur de troubles ?

Georges Philippe Ezaley, Roger M’Bia, Alain Cocauthrey, Dia Houphouët Augustin et Fian Hervé avaient déjà été entendus par la police criminelle il y a un an. Quatre des cinq cadres du PDCI-RDA sont convoqués cette semaine devant la section antiterroriste du tribunal d’Abidjan. En Côte d’Ivoire, le dossier du Front commun n’a jamais été refermé, et il change aujourd’hui de juridiction sous le pouvoir d’Alassane Ouattara.

Les convocations ont été déposées le jeudi 15 octobre au siège du parti, qui en a fait état dans une note publiée sur sa page Facebook. Les intéressés sont attendus au cabinet de la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan, à Cocody-Angré. Ni la date de comparution ni les faits reprochés n’ont été rendus publics.

Qui sont les cadres du PDCI-RDA convoqués ?

La liste vise le cœur de l’appareil. Roger M’Bia est le directeur général du PDCI-RDA. Alain Cocauthrey dirige le cabinet du président du parti, Tidjane Thiam. Dia Houphouët Augustin siège comme vice-président au Secrétariat exécutif, Georges Philippe Ezaley coordonne les activités des vice-présidents en tant que vice-coordonnateur, et Fian Hervé appartient au Bureau politique.

Le 28 octobre 2025, M’Bia, Cocauthrey, Dia Houphouët et Ezaley figuraient déjà parmi les sept hauts cadres du PDCI entendus par la police criminelle, avec Noël Akossi Bendjo, Sylvestre Emmou et Jean Kouakou Gnrangbé. À l’époque, leur engagement dans le Front commun était au centre des questions. Cette alliance montée avec le PPA-CI de Laurent Gbagbo s’opposait au quatrième mandat d’Alassane Ouattara, réélu quelques jours plus tôt avec 89,77 % des voix dans un scrutin dont Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo avaient été écartés.

Un an plus tard, ce n’est plus la police criminelle qui les attend mais une juridiction chargée du terrorisme. Pour des dirigeants d’un parti légal, le changement d’échelle est brutal, et aucun fait précis n’a été avancé pour le justifier.

Lire aussi : PPA-CI : 5 cadres convoqués en 8 jours par l’antiterrorisme

Côte d’Ivoire : toute l’opposition passe devant l’antiterrorisme

Le PDCI-RDA n’est pas seul dans ce cas. La veille, le 14 octobre, cinq responsables du PPA-CI recevaient à leur tour une convocation du 8e cabinet de la même section, avec des auditions échelonnées du 15 au 23 octobre. Parmi eux, Emmanuel Ackah, chef de cabinet de Laurent Gbagbo, mais aussi Koua Justin Banouakou, déjà sous contrôle judiciaire, et Dahi Nestor Douhouré, qui se trouve déjà en prison comme Blaise Lasm et Damana Adia Pickass. L’ancien ministre Sébastien Dano Djédjé a été placé sous contrôle judiciaire le 12 octobre. Laurent Gbagbo lui-même avait été convoqué pour le 10 septembre.

Le parti de l’ancien président parle d’une « décapitation méthodique » de sa direction. Il affirme que plus de 1 600 personnes sont détenues dans les prisons ivoiriennes en lien avec la présidentielle d’octobre 2025, la plupart en détention préventive, et que les poursuites reposent sur des chefs d’accusation très larges, le terrorisme et l’atteinte à la sûreté de l’État. Dans la même déclaration, datée du 15 octobre, il exige la libération sans condition de tous les détenus politiques et la fin de ce qu’il qualifie d’actes antidémocratiques.

Lire aussi : Organe électoral : l’opposition réclame un dialogue, sans le PPA-CI

Mis bout à bout, les deux dossiers dessinent une même méthode. Les deux principaux partis d’opposition, alliés au sein du regretté Front commun, voient leurs dirigeants défiler devant le même juge, sans que le parquet ait expliqué publiquement ce qu’il leur reproche. Aucune communication officielle n’a accompagné ces procédures.

Le timing interroge aussi. Ces convocations tombent au moment où l’opposition réclame un dialogue politique sur l’organe électoral et la libération des détenus. Le PPA-CI a résumé sa position d’une formule, « Asseyons-nous et discutons ! ». Les suites de ces auditions seront à suivre dans notre rubrique actualité ivoirienne.

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Gary SOGNON

Gary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.

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